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Titre du blog : Le journal de Frank THOMAS
Auteur : Frank-Marie-THOMAS
Date de création : 20-09-2009
 
posté le 14-12-2010 à 17:06:44

Rues pleines, mosquées vides.

Dans des communes de plus en plus nombreuses, l'exemple de Paris fait école : les  rues sont bloquées avec des barrières, les fidèles déroulent des tapis et font leur prière du vendredi, arrêtant toute circulation de voitures ou de piétons durant deux heures.

 

 

Rue Myrha, Paris XVIIIe un vendredi.

 

Cela a commencé dans le XVIIIe arrondissement de Paris, rue Myrha, puis a gagné la rue des Poissonniers, dans le même quartier, avec la bénédiction de Daniel Vaillant, le maire,  puis la rue Léon, le Boulevard Barbès, etc.

Il n'est pas discutable que ces entraves à la libre circulation constituent en soi une contravention que la police n'aurait jamais dû tolérer.

De la tolérance on est même passé, depuis, à une autorisation de fait : la police elle-même installe les barrières et les surveille.

C'est inacceptable, bien sûr. Les riverains sont excédés, le droit d'aller et de venir est bafoué, la séparation du public et du privé, ciment de la laïcité, est foulée aux pieds.

 

De bons esprits, toujours prompts à "comprendre", s'efforcent de justifier ces débordements par le manque de lieux de culte musulmans.

Ce manque est réel dans certains endroits de France, dans les petites villes de province notamment, il serait malhonnête de le nier.

 

Mais en l'occurence, l'argument ne tient pas pour Paris.

Il existe en effet deux mosquées rue Myrha, une autre rue des Poissonniers, 75 mosquées et salles de prière dans Paris intra muros, et le recteur de la grande mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, vient de se plaindre que celle-ci soit le plus souvent presque vide.

 

Il faut dire, pour être exact, qu'il arrive de plus en plus souvent que les musulmans d'origine algérienne, tunisienne, marocaine, balkanique ou turque répugnent à pratiquer dans le même lieu, ce qui, naturellement, complique singulièrement les choses

Il ne faut pas non plus passer sous silence le fait qu'un nombre important de jeunes ( et moins jeunes ) fanatisés par des activistes refusent d'entendre les prêches des imams patentés, souvent modérés et sages, et préfèrent ne pas être guidés dans leur vie religieuse.

On voit que dans ces cas, le manque de locaux n'est plus qu'un prétexte.

 

 

 

  Mosquée de Paris

 

 

Aménager la loi de 1905 sur la séparation des églises et de l'Etat, favoriser, fût-ce au prix de contorsions juridiques et budgétaires le subventionnement d'associations culturelles se muant subrepticement en associations cultuelles par la simple disparition du "R", est  une pratique devenue courante et bien maîtrisée par un nombre croissant de municipalités.

Elle peut avoir une certaine légitimité pour débloquer des situations vraiment intolérables qui obligent nos concitoyens musulmans à exercer leur culte dans des conditions indignes.(*)

 

Mais il ne faut pas pour autant être dupe des provocations auxquelles se livrent de plus en plus ouvertement et grossièrement les fondamentalistes fanatisés, entraînant derrière eux des personnes de bonne foi qu'il ne saurait être question de stigmatiser, et qui se font piéger et instrumentaliser.

Il ne faut surtout pas oublier que le 11 juillet 1995, ils ont assassiné l'imam de la mosquée de la rue Myrha, Abelbaki Sharaoui, et son assistant, donnant ainsi le signal à l'effroyable vague d'attentats à Paris, revendiqués par le GIA.

Leurs  motivations sont tout sauf religieuses et ils se servent de la foi de leurs corréligionnaires pour avancer leurs pions et préparer le terrain à la tyrannie religieuse et théocratique dont ils rêvent.

 

Contre eux la République doit se défendre hardiment.

 

 

(*) Moi-même, dans une autre vie, du temps que j'étais élu, j'ai été amené à me prononcer sur un processus de ce genre, et je l'ai approuvé afin que les musulmans de ma commune disposent enfin d'un lieu de culte décent; j'y avais cependant mis la condition expresse que les différentes "communautés" s'entendissent entre elles.

Car il me paraissait hors de question d'autoriser que, sous prétexte de diversité de coutumes religieuses, elles pussent exiger de disposer de plusieurs lieux de culte distincts dont la collectivité, indirectement, aurait subventionné la construction.  

 

Commentaires

Reikou le 14-12-2010 à 19:08:08
Laïcité oublié !


Principe bafoué par les même personnes sensé la respecter , avec la bénédiction du pouvoir en place ...


Les rats regardent d'un air songeur la tempête au dehors , quitter le navire ? Ne pas le quitter ?

Mais quand on ne reconnait même plus son chez sois que faire ?


Cédez à un extrémisme contraire apparait la solution pour certains , la résignation s'imposent a d'autres ..

J'ai la pensée que si tout les lecteurs de ce blog écrirait une réaction à cet article , pas un ne citerait pas le fétiche Haïe mais considéré avec intérêt "Candidate plus que potentielle de 2012"


Pitié , pas un deuxième 2002 ...