Le journal de Frank THOMAS

Libre parole d'un citoyen.

posté le vendredi 28 avril 2017

Le "chat en sac" de Monsieur Macron.

 

 

Saisie au vol cette phrase effarante de lourdeur, d'inélégance et d'équivoque à propos de la politique pénale :

 

«Je veux apporter une réponse en termes de tolérance zéro.»

 

Ou de l'art de parler pour ne rien dire.

Je "veux apporter une réponse" est une façon de dire qu'il s'agit d'un projet de réponse, d'une réponse probablement à venir, mais pas d'une réponse ferme, et encore moins d'un engagement. Autrement dit il ne répond pas, il "veut répondre", ce qui ne signifie absolument rien.

"Une réponse en termes de tolérance zéro" est une formule tout ausi creuse puisqu'elle réduit l'action à une terminologie, à des mots: "en termes de", expression faussement technique que j'ai eu l'occasion de ridiculiser.

 

«Vous voulez dire qu'il fait beau ? Que ne dites vous " il fait beau" ?» écrit La Bruyère. On a envie d'en dire autant à Monsieur Macron. Que ne dit-il :

 «j'appliquerai la politique de tolérance zéro ? »

 

Ce serait trop clair, peut-être ?

"Y'a un loup" , dirait Martine Aubry (*);

"C'est chat en sac", dit-on à la Martinique.

 

(*) Le 29  avril :

 

Curieusement celle-ci, depuis hier, s'est rangée aux côtés de Monsieur Macron dont elle disait, il y a quelques semaines seulement " Macron...euh...comment vous dire ?...Y'en a marre !".

Pour faire bonne mesure, soulignons aussi le ralliement de Monsieur Dupont-Aignan à Mme Le Pen, qui en décevra plus d'un, je pense quand on se rappelle la fougue avec laquelle, il y a une semaine à peine, il nous expliquait que tout, ou presque, l'en séparait. Quelle foire ! 

 

L'original Jean Lassalle, quant à lui, prononce ces mots à méditer :

"Notre histoire ne nous condamne pas à choisir entre l'hystérie et l'hystérie. Ni l'un ni l'autre !"

 


 
 
posté le jeudi 27 avril 2017

Jacques Attali a raison.

Et voici que s'enflamme à nouveau le petit monde médiatique et que s'indignent à qui mieux mieux les commentateurs de tout poil. Haro sur Jacques Attali qui a osé prononcer des paroles blasphématoires. On se croirait revenu au"point de détail de l'histoire".

 

 

 

Quelle est l'affaire si grave qui émeut tant nos censeurs et  nos guides spirituels ?

Jacques Attali, ancien conseiller de François Mitterrand, économiste-philosophe-moraliste-scientifique-chef d'orchestre, écrivain et chaud partisan d'Emmanuel Macron a osé proférer cette horreur au cours d'une interview à propos de la fermeture programmée de l'usine Whirpool :

"Je ne voudrais pas que cette campagne se réduise à des anecdotes. C'est en effet une anecdote , si on ne le présente pas dans un contexte plus large".

 

"Anecdote" ! "Il a eu l'audace et l'inconscience de traiter d'anecdote la mise au chômage de 290 ouvriers à cause d'une délocalisation financière sauvage de leur usine en Pologne ! ".

Et tous de vouer aux gémonies ce nanti, cet intellectuel grassement rémunéré, ce locataire permanent des ors de la République qui traite ainsi par le mépris la souffrance du petit peuple. Richard Ferrand, porte-parole de Macron ( lequel fut naguère rapporteur général adjoint de la commission Attali) lui demande de "se taire", et Philippot, au nom de Marine Le Pen, exprime sa vertueuse indignation dans un tweet de solidarité avec la classe ouvrière et la "France soumise".

 

Je ne suis pas séduit par Monsieur Attali dont l'omniprésence médiatique, la surproduction livresque et l'opportunisme politique ne me sont guère sympathiques. Mais pour une fois je vais être d'accord avec lui.

Le problème d'une usine, en effet, quelles que soient les souffrances des employés qui sont menacés d'être jetés sur le carreau, n'est pas au niveau d'une campagne présidentielle ou, pour parler plus exactement, ne relève pas de la compétence directe du président de la République. Ce n'est qu'un détail d'un problème plus général qui, lui, parce qu'il met en cause l'organisation générale de l'Europe et du monde, est vraiment du ressort des dirigeants du pays.

 

C'est une dérive extrêmement grave que cette habitude prise par les chefs de l'Etat successifs depuis Giscard d'Estaing (mais à l'exception notable de François Mitterrand) de se mêler de tout et de descendre dans l'arène pour faire le travail de ceux qui sont réellement en charge des questions qui surviennent.

Le président de la République ne peut pas en même temps être "en charge de l'essentiel", comme disait de Gaulle, et remplacer les préfets, les élus locaux, les chefs d'entreprise ou les syndicats.

Une forêt qui brûle, un immeuble qui s'écroule, un drame familial, une petite réfugiée roumaine qui cherche à s'installer avec sa famille en France sont, pour chacune des personnes concernées une affaire de première importance, mais elles sont des détails de la marche générale du pays. Il y a dans cette omniprésence - en grande partie due à la puissance des médias et des réseaux sociaux -  une sorte de dérive totalitaire qui tente de se faire passer pour de la sollicitude mais qui, en réalité, conduit tout droit à une monarchie qui ne dit pas son nom.

Le président ne peut pas, comme le Roi de France, dire en apposant sa main sur les plaies " le Roi te touche, Dieu te guéris".

 

Il faut être d'une grande mauvaise foi pour faire mine de penser que Jacques Attali méprise les ouvriers de l'usine Whirpool d'Amiens parce qu'il qualifie de "détail", au plan national, le drame qu'ils affrontent.

Chacun se vit comme le centre du monde et considére que les difficultés qu'il affronte sont suffisamment graves pour justifier la mobilisation de tous.

Mais dans une république équilibrée, les corps intermédiaires sont chargés de les prendre en charge, pas le chef de l'Etat.

En stigmatisant Monsieur Attali pour ses propos de simple bon sens, qu'ils prennent au pied de la lettre en faisant semblant de ne pas en comprendre le sens réel,  les pleureuses politiques et médiatiques rendent un bien mauvais service à la France. 

 

 


Commentaires

 

1. Florentin  le 28-04-2017 à 10:52:17  (site)

Oui, mais, c'est un détail qui s'inscrit dans une foule de détails du même genre, lesquels deviennent tout de même significatifs, car ils aboutissent à la désindustrialisation de la France et donc à son appauvrissement. Je crois que le président doit s'en mêler. S'il ne peut rien chez nous, peut-être peut-il agir au niveau (au moins) européen. Au total, il est des détails qu'il vaut mieux, à mon sens, regarder ...en détail. Florentin

2. colea  le 28-04-2017 à 13:23:58  (site)

Le mot détail est quelque peu piégé depuis une certaine phrase de J.M. Le Pen....
léa

 
 
 
posté le mercredi 26 avril 2017

Ni ni (2)

Un lecteur qui signe du pseudonyme original "Decapedepee" vient de laisser un commentaire à l'article précédent qui m'inspire la réflexion suivante.

 

 

Après 5 ans d'une présidence calamiteuse, la vie politique française et la France en général, sont en piteux état. Une poule n'y retrouverait pas ses poussins.

Commerce extérieur en berne, industrie à l'agonie, chômage catastrophique, niveau de vie des plus faibles digne d'un pays pauvre, dislocation du corps social, classe politique éclatée en individualismes ambitieux, montée dangereuse et incontrôlée des communautarismes, culture en capilotade, incivilités, violence, abandon des banlieues et des campagnes, Education Nationale minée par le retour en force de l'obscurantisme religieux, laïcité de plus en plus souvent remise en cause, relâchement moral des élites, écart de plus en plus béant entre les riches et les pauvres, mort des centres-villes, dégradation des paysages, agonie de l'agriculture à taille humaine, politique étrangère erratique et fumeuse.

 

Certes notre vieux pays n'en est pas à sa première épreuve, et l'espoir demeure qu'il parvienne à surmonter cette crise d'asthénie, comme il est sorti d'autres périodes sombres de son histoire.

Il n'en reste pas moins que le champ de ruines laissé par le premier tour de l'élection présidentielle est un symptome très alarmant  d'un état de santé dégradé du corps social et de la nation.

Les deux partis de gouvernement sont battus. Les élections primaires de droite et de gauche ont désigné des candidats représentant l'aile la plus extrême de leurs partis respectifs ce qui leur a rendu impossible, comme j'en exprimais ici même la certitude il y a peu (voir article en lien), de rasssembler une large partie de l'électorat sur leur nom.

Les deux vainqueurs du premier tour, quant à eux,  représentent jusqu'à la caricature deux idéologies diamétralement opposées qui, ni l'une ni l'autre, n'incarnent réellement les préoccupations, les envies et les besoins de l'immense majorité du peuple français.

 

 

D'un côté un nationalisme dont les conséquences, s'il était mis en oeuvre, risquerait de  nous éloigner de l'Europe, d'obérer nos finances et de fragiliser notre économie; de l'autre une ouverture sans frein aux influences extérieures, une dissolution de notre système de protection sociale, une pente dangereuse vers le communautarisme et un abandon des spécificités culturelles de la France.

 

Notre pays a soif de justice sociale, de respect de son mode de vie, d'innovation contrôlée, de reconnaissance internationale et d'innovation respectueuse de son mode de vie et de ses valeurs. Il est désespérément à la recherche du dirigeant qui saurait incarner cette double aspiration et dont la probité, le désintéressement et la capacité à gouverner lui garantiraient sécurité, développement et continuié.

 

Or ni l'un ni l'autre des deux postulants à la présidence de la République n'est ce personnage tant attendu.

Les médias égrennent depuis trois jours la liste interminable des ralliements de circonstance à Monsieur Macron. Le caractère hétéroclite des personnalités qui lui déclarent leur flamme toute nouvelle aurait de quoi faire éclater de rire si ce spectacle n'était pas si attristant. Voir barboter dans le même marigot Monsieur Hue, Monsieur Estrosi, Monsieur Valls, Madame Kosciusko-Morizet, Monsieur Sarkozy, Monsieur Hollande et tant d'autres, constitue un spectacle à faire dresser les cheveux sur la tête et à éloigner durablement nos concitoyens de l'engagement politique.

 

Je suppose que les Français sont interloqués par la scène qu'on leur joue là.

Rien ne dit qu'ils seront des spectateurs dociles de cette mascarade et qu'ils appaudiront là où les chauffeurs de salle leur diront de le faire.

Le petit monde médiatique vilipende Monsieur Mélenchon parce que, comme le fit Arlette Laguiller en 2002, il semble réticent à rejoindre la troupe bêlante des ralliés de la dernière heure. On peut pourtant comprendre sa réserve.

.

Sans doute se projette-t-il un peu plus loin et imagine-t-il le désarroi accru des électeurs lorsque les apôtres qui aujourd'hui appellent à voter pour Monsieur Macron leur demanderont avec le même aplomb de battre ses candidats aux élections législatives de juin, les contraignant à un nouveau revirement digne d'un contortionniste.  

 


Commentaires

 

1. Florentin  le 26-04-2017 à 16:33:28  (site)

Bonjour. Vos préoccupations sont les miennes. J'ai été ahuri par le spectacle de ces élections. Parfois, je me suis demandé si je ne rêvais pas. Nous voilà condamnés à Macron, l'artificiel. Que va-t-il sortir du salmigondis pour le moins hétéroclite dans lequel il est enfermé ? Je suis vraiment curieux de voir ce qui va se passer au lendemain des législatives (lesquelles seront une sacrée foire d'empoigne). Mais, la certitude d'être gouverné par un pareil oiseau ne me rend vraiment pas optimiste. On va rentrer dans la falaise, c'est sûr ! Florentin

2. Decapedepee  le 26-04-2017 à 20:49:09

Permettez moi de vous dire que je suis honoré que mon petit commentaire ait pu susciter votre réflexion.

Celui ou celle qui sera elu (e), le sera au bénéfice du maintien de Fillon accablé par les affaires - coup de bol pour celui ou celle qui aura réussi à se faire élire Président de la République.

smiley_id117208

Même coup de bol il y a 5 ans pour la petite fraise qui a réussi à se faire élire entre l affaire Strauss-Kahn et la déception de Sarkozy (certes concernant le chômage la petite fraise n à "pas eu de bol" pour le coup..ce furent ses propos).
On ne peut pas gagner à tous les coups; il est bien connu que ceux qui grattent aux jeux de la Française des Jeux(éminemment développés sous Jospin...) se retrouvent à sec pour finir.

Aussi, je crois qu après cette élection inouïe , les français rectifieront vite le tir à l occasion des législatives en privant le futur président élu de toute majorité présidentielle. Et le président élu ne gouvernera pas.
On le verra de temps de temps, il sera interviewé lors de ses visites aux Chefs de État et prononcera ses voeux.

Concernant la défense et la diplomatie, domaines a priori réservés du Président de la République:
Fort heureusement en vertu des articles 20 et 21 de la constitution le gouvernement dispose de prérogatives constitutionnelles faisant que ces domaines sont aussi partagés.

La Veme Constitution est bien faite!

smiley_id172966

 
 
 
posté le lundi 24 avril 2017

Programme pour le 7 mai

 

 

Ni - Ni =

JARDINAGE+LECTURE

in angulo cum libello 

 

  

 

  

 

 

 

 

 


Commentaires

 

1. Galinette  le 24-04-2017 à 18:34:45

Pour moi ce sera coquillages et crustacés ..sur la plage abandonnée ..
Quelle tristesse...

2. anaflore  le 25-04-2017 à 07:15:08  (site)

bravo pour la photo du jour

3. fafa-012  le 25-04-2017 à 10:14:00  (site)

bonjour
bravo pour la photo du jour.
bises.

4. cr  le 25-04-2017 à 15:07:44

Moi je me déplacerai mais ce sera aussi ni-ni. Merci pour ce superbe jardin ! Amitiés de Joigny !

5. Decapedepee  le 25-04-2017 à 23:56:04

On nous sert à nouveau la vieille soupe du Front "republicain"...que devrait incarner Macron, le banquier "candidat de la France soumise" (comme l a qualifié Marine Le Pen ce soir).
Avec Stéphane Bern, Line Renaud, Daniel Cohen Bendit??
Macron ne serait pas plus dangereux? Dans le doute, l abstention sera probablement une réponse des français.
Je suis curieux de connaître la position de Melanchon et de son équipe - lui au moins consulte son mouvement.
Ce ne sera pas Macron et peut-être pas Ni Ni, pour l instant tout cela reste à suivre!
smiley_id118677

6. Frank-Marie-THOMAS  le 26-04-2017 à 09:48:32  (site)

@ Decapedepee

Je réponds à votre commentaire par un article.

 
 
 
posté le samedi 22 avril 2017

Un mort par négligence.

Les Champs Elysées étaient le paradis des anciens grecs. Il fut avant-hier soir l'enfer pour notre police.

 

 

 

Plutôt que de dénoncer les prétendues récupérations politiciennes de tel ou tel candidat - en omettant au passage de stigmatiser la scandaleuse  froideur de Mme Arthaud ou de Monsieur Poutou (lequel, excusez du peu, ne propose rien de moins que de désarmer la police !)-, le premier ministre, Bernard Cazeneuve, aurait mieux fait de se taire, peut-être même de réfléchir à la responsabilité de la justice dans le drame qui venait de se jouer à deux pas de l'Elysée et de la place Beauvau.

 

L'assassin abattu par les collègues du policier tué, Karim Cheurfi, est un dangereux individu.

Il a séjourné 14 années en prison pour des violences qui, toutes, ont en commun une haine déclarée à l'égard des forces de l'ordre, quelles qu'elles soient.

Son parcours est édifiant :

-  2001 tentative d'assassinat de deux policiers.

-  Jeté en prison, il violente six ans plus tard un surveillant

-   l'année suivante il s'en prend à  un codétenu.

-  En juillet  2012 il est  placé sous le régime de semi-liberté.

-  Il est libéré sous condition l'année suivante, mais est à nouveau condamné.

-  Il sort de prison en octobre 2015 et se rend en Algérie au mépris des obligations de déclaration prévues par sa libération conditionnelle.

-   Un juge d'application des peines de Meaux est chargé de le suivre; en dépit de son grave manquement, il ne révoquera pas son sursis avec mise à l'épreuve, considérant apparemment que cet homme ne représente pas un danger pour la société.

-  décembre 2017 il est dénonce à deux reprises pour avoir déclaré à des connaissances qu'il cherchait une arme pour tuer des policiers 

-  fin février 2017 il est arrêté, soupçonné d'avoir cherché à tuer deux policiers. Il est libéré le lendemain par le juge d'application des peines au prétexte qu'il n'a pas précisé le nom de sa future victime ni le lieu de l'assassinat ! Pourquoi pas, pendant qu'on y est, l'arme du futur crime et l'heure exacte ?

 

La question se pose tout de même de savoir comment un individu traînant un tel dossier et doté d'un tel palmarès de délinquance grave et violente, peut être relâché alors qu'il n'a pas respecté les obligations de sa remise en liberté sous condition et qu'il a menacé à plusieurs reprises de recommencer.

Comment il se fait aussi qu'on le relâche si vite malgré un soupçon gravissime  et plus que plausible, vu ses états de service.( voir articles en lien)

 

 

 

 

 

On peut comprendre la colère des policiers que ne suffiront sûrement pas à calmer  ni les cérémonies d'hommage ni les incriminations pitoyables du premier ministre.

Car il est tout à fait clair que si la justice avait appliqué la loi, rien que la loi mais toute la loi, Cheurfi n'aurait pas tué et blessé, jeudi soir, sur les Champs Elysées. Le malheureux Xavier Jugelé est mort par négligence.

 

 


 
 
 

Ajouter un commentaire

Pseudo : Réserve ton pseudo ici
Email :
Site :
Commentaire :

Smileys

 
 
 
Rappel article
 
 
Per tenebras nitent