Le journal de Frank THOMAS

Libre parole d'un citoyen.

posté le mardi 28 mars 2017

A propos de la Guyane.

La Guyane française occupe depuis deux jours la une de l'actualité au point même qu'elle s'invite dans la campagne présidentielle.

 

 

Je n'ai pas attendu que les évènements actuels secouent ce pays pour en parler sur ce blog.

 

 

 

 

D'une façon plus générale les lecteurs se seront aperçu que je consacre à l'Outre-Mer français une importante part de mes articles.

C'est que je considère qu'une des originalités et des chances de notre pays est d'être présent sur  quatre continents et sur toutes les mers du globe.

 

Mais je ne cesse de regretter aussi le peu de cas que nos gouvernements et le peuple français font de cette chance extraordinaire, et la profonde ignorance de nos compatriotes à l'égard de ces possessions ultra-marines de la France.

Le fait n'est d'ailleurs pas nouveau et du temps des colonies, déjà, les Français ignoraient à peu près tout de l'empire, qui se résumait à quelques clichés à la fois racistes et faux.

Or je suis convaincu que malgré le progrès des moyens d'information, nos concitoyens demeurent tout à fait ignares concernant les départements, collectivités, territoires et pays d'outre-mer. Demandez, par exemple à quelqu'un d'énumérer les douze territoires de la République; vous serez édifié.

Comment voudrait-on que ceux-ci se développent de façon harmonieuse dans une telle indifférence de la Métropole ? 

 

Ce qui est en train d'advenir en Guyane est la conséquence directe de cette ignorance et de cette indifférence.

Régulièrement les Antilles, la Réunion, Mayotte, les territoires du Pacifique sont secoués par des crises plus ou moins graves, plus ou moins durables. Et à chaque fois quelques ministres se déplacent, quelques promesses sont faites pour apaiser la fièvre, puis tout retombe dans le silence et dans l'oubli, jusqu'à la prochaine crise.

 

Cette foi-ci, c'est le tour de cette immense collectivité territoriale (et non plus département comme les journalistes incultes ne cessent de le répéter).

La Guyane est le seul territoire ultramarin continental (n'en déplaise à Monsieur Macron). Elle couvre une superficie de 91000 km2(*), soit l'équivalent du sixième du territoire de la France métropolitaine.

Ses potentialités sont immenses : agriculture, pêche, industries agro-alimentaires, ressources minières, tourisme, centre spatial, jeunesse nombreuse et capable.

 

Depuis de nombreuses années déjà les guyanais ont la désagréable sensation - largement vérifiée - d'être les parents pauvres de la France d'Amérique.

Ils viennent de prendre le mors au dents. Ce gouvernement en fin de vie peut se rendre utile en prenant sérieusement en compte leurs justes revendications, exprimées de façon modérée et responsable.

On peut raisonnablement espérer qu'il ne laissera pas passer l'occasion de lancer sérieusement le développement social et économique de ce magnifique pays.

 

(*) Une zone d'environ 6000 km2 administrée par la France mais revendiquée par le Surinam est comptée dans cette surface (voir carte ci-dessous zone délimitée par un pointillé entre les rivières Marouini et Litani).

C'est ce qui explique la différence qu'on constate parfois entre les superficies avancées sur les médias, qui oscillent entre 83000 et 91000 km2.

 

  

 

 

Articles liés
Une insolite insularité.
 


 
 
posté le lundi 27 mars 2017

Dans les rues d'Aix en Provence

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 


Commentaires

 

1. MarioB  le 28-03-2017 à 05:44:18  (site)

Ce coup d'oeil architectural européen fait toujours plaisir à voir, moi qui suis Nord-Américain où il y a peu de villes avec des rues étroites et des édifices plus que centenaires. Merci bien.

 
 
 
posté le lundi 27 mars 2017

Une insolite insularité.

Décidément nos ministres ne sont pas forts en géographie.

 

 

 

On se souvient sans doute de Mme Cécile Duflot, expliquant que le Japon était soumis à un régime de typhons en raison de sa position dans l'hémisphère sud.

 

Il y a quelques jours, Monsieur Macron nous expliquait qu'une dame originaire de la Guadeloupe était "expatriée" en France.

 

Voici que, commentant les évènements de Guyane sur M6 il dit :

 « Ce qu'il (sic) se passe en Guyane depuis plusieurs jours est grave. C'est grave en raison des débordements. Mon premier mot est celui d'un appel au calme parce que bloquer les pistes d'un aéroport, bloquer les décollages, et parfois même bloquer le fonctionnement de l'île ne peut être une réponse apportée à la situation »

 

Macron a métamorphosé la Guyane française en une "île".

Ou il est doté de pouvoirs surnaturels, ou il est ignare en géographie.

Il sera en tout cas intéressant d'observer son score dans ce département. 

 


Commentaires

 

1. Florentin  le 27-03-2017 à 16:13:58  (site)

Vous avez vérifié ? Qui sait ? La Guyane s'est peut-être récemment détachée du continent pour aller voguer au gré Duflot ...... euh ... au gré des flots ...

2. Decapedepee  le 28-03-2017 à 00:22:06

Il est toujours en surface, et n arrive pas à aller à l essentiel.
Ç est quelqu un qui survole, qui plane.
Il n a pas les pieds sur terre, ce qui explique ses lacunes en géographie.

Selon lui il n y a donc pas de culture française et la géographie (comme l histoire aussi apparemment) doit lui paraître comme une matière bien terre à terre...et surtout trop éloignée des intérêts de la finance internationale.

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posté le vendredi 24 mars 2017

Les Muses de Monsieur Macron.

Monsieur Macron s'efforce de taquiner les Muses. Peut-être ne devrait-il pas.

 

 

Veuillez prendre deux minutes pour visionner la vidéo que je mets en lien dans ce billet.

Outre les contradictions invraisemblables entre deux interviews, vous y trouverez une sorte de prêcheur exalté qui ne recule pas devant la poésie de buffet de gare.

 

 

 

 

Je ne suis pas certain que c'est de ce salmigondis que la France ait besoin. 

Dégustez ce petit florilège :

 

                 https://twitter.com/OBerruyer/status/838435873435893761

 

- ”Parce que nous sommes des enracinés, il y a des arbres à coté de nous, il y a des rivières, il y a des poissons, il y a des frères et des soeurs”

 - “L’argent ne se mange pas, il ne se mange pas, je confirme. Il ne se respire pas” 

-  ”Lorsque tout semble triste, tout semble morose, il faut penser printemps” 

-  ”Penser printemps, ça ne veut pas dire non plus que sans avoir semé on pourrait déjà promettre la moisson à tout un chacun !”

 

Il semble que la banque et la finance ne soient pas des Muses très inspirantes. 

 


Commentaires

 

1. Decapedepee  le 26-03-2017 à 00:08:39

Il se fait pourtant passer pour un homme très brillant !
Après avoir réinvente l histoire de la France et de l Algérie, il réinvente la culture.
Un génie ?smiley_id1464783

 
 
 
posté le jeudi 23 mars 2017

Poubelle non conforme !

Quelqu'un qui se serait endormi il y a trente ans et qui se réveillerait aujourd'hui aurait mille raisons de s'étonner.

 

 

 Certaines surprises seraient heureuses : les extraordinaires progrès de la médecine,  le smartphone aux multiples fonctions, le GPS, les équipements domestiques nouveaux, etc.

D'autres le seraient moins qui, sans entrer dans le détail, pourraient se résumer en une formule : une diminution globale des libertés individuelles (sur ce thème, voir aticles en lien).

 

Ce matin j'ai pu en constater une misérable, certes, mais fort irritante manifestation.

La "poubelle jaune" réservée aux emballages divers que j'avais sortie la veille au soir pleine à ras bord de plastiques, de boîtes et de cartons variés que le commerce nous contraint à rapporter chez nous, n'a pas été vidée. Un bandeau collant portant la mention "poubelle non conforme" en fermait le couvercle, de la même couleur que ceux installés par la police sur la maison du crime. 

Désagréable impression, quand on s'efforce d'être un bon et honnête citoyen, de verser dans une délinquance stigmatisée aux yeux du public par le scotch infâmant !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Très désagréable impression, aussi, d'être pris pour un cochon de payant taillable à merci (cherté des "taxes d'enlèvement des ordures ménagères") et corvéable itou puisqu'on le contraint, en plus de ses activités ordinaires, à jouer les éboueurs spécialisés.

Reste à vous dire ce qui n'était pas "conforme" dans ma pauvre poubelle : renseignement pris, c'était la présence d'un petit pot en plastique ayant contenu une jolie fleur achetée la veille.

Crime impardonnable, apparemment, de ne pas savoir qu'il y a plastiques et plastiques;  des plastiques autorisés et des plastiques prohibés. Sachez-le : les pots des jardineries appartiennent à cette catégorie ostracisée.

Où les mettre, me direz-vous ? Ni dans la poubelle, ni à la déchetterie, qui les refuse. Alors ? Mystère !

 

Oui, notre Hibernatus aurait la surprise de constater qu'on ne saurait être un bon citoyen français en 2017 sans être un peu caissier de supermarché, pompiste et éboueur. Mais un éboueur-pompiste-caissier disposant d'un smartphone et d'un GPS.

 


Commentaires

 

1. Florentin  le 23-03-2017 à 10:56:32  (site)

Si ce n'était bête à pleurer, on en rirait !

2. Decapedepee  le 26-03-2017 à 00:16:33

On a tellement infantilise le citoyen qu il a fallu un peu le responsabiliser.
Les poubelles font partie de ces rares missions.
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posté le lundi 20 mars 2017

Bravo, Monsieur Dupont-Aignan !

Samedi 18 mars, Nicolas Dupont-Aignan candidat à l'élection présidentielle a quitté le plateau du journal de 20 heures de TF1. Je reviens un instant sur ce coup d'éclat.

 

 

 

 

Monsieur Dupont-Aignan, député-maire de Yerres et président de Debout la France est un homme propret et bien rangé. Rien ne semble le prédisposer à faire un esclandre.

Pourtant, samedi dernier, sans se départir d'un calme ferme et déterminé, il a, après en avoir justifié la raison, quitté le plateau du journal de TF1, laissant désemparée une journaliste qui ne savait que répéter en boucle que sa chaîne avait agi en toute "équité", selon l'autorisation des plus hautes autorités de la République.

 

Ce dernier point n'est pas douteux. C'est d'ailleurs là que le bât blesse: comment se peut-il admettre qu'un candidat ayant obtenu les parrainages nécessaires soit traité ( lui et six autres ) d'une façon aussi évidemment inique et cavalière ?

A quoi sert donc ce luxe de précautions que la République prend à juste titre pour sélectionner des candidats  s'ils se heurtent à la toute puissance d'une chaîne commerciale de grande écoute ?

 

L'argument de la prétendue "équité" repose sur la notion de "grands" et de "petits" candidats. Mais sur quel fondement cette classification s'appuie-t-elle ? Sur les résultats antérieurs de ceux qui se sont déjà présentés, sur les scores de leurs formations respectives et, surtout, sur les sondages.

Quand on sait le caractère aléatoire de ces derniers, si souvent démontré, on reste sans voix. Mais quand bien même ils seraient une mesure exacte de la situation politique à un instant T, décider à partir de cette mesure purement théorique quel candidat a le droit de se faire entendre et quel autre doit se taire est non seulement une absurdité, mais aussi un abus exorbitant et une infâmie.

 

Dupont-Aignan n'est pas mon candidat favori. Je n'en ai d'ailleurs aucun à ce jour. Mais l'injustice qui lui est faite devrait susciter les protestations de tous, y compris et en premier lieu des "grands"candidats.

 

En 2008, dans le "village" où je conduisais une liste aux municipales, la même situation se présenta, aux dimensions d'une modeste commune.

RadioBleu Bourgogne organisa un grand débat entre trois têtes de listes sur les cinq qui étaient en lice. Bien que j'eusse obtenu six ans plus tôt l'honorable score de 18,5% des suffrages, on m'écarta de l'émission.

Je dois à la vérité de dire que si la liste sortante et son chef ne trouvèrent rien à redire à ce déni de démocratie, les deux autres concurrents, eux, bien qu'opposés à ma liste, refusèrent de participer au débat; et l'on vit - chose ridicule - la tête de lise sortante "débattre" seul en face des journalistes qui ne savaient plus où se fourrer.

 

J'aurais bien aimé que Madame Le Pen et Messieurs Fillon, Hamon, Macron et Mélenchon en fissent autant !

Mais pour l'heure je dis : bravo, Monsieur Dupont-Aignan !

 

Le 21 mars :

 

Le petit couplet de certains candidats à l'interminable débat d'hier soir ajoute l'hypocrisie à une apathie qui, déjà, n'était rien moins que glorieuse.

Ils ont cru en effet se dédouaner et passer pour de généreux républicains en exprimant leurs regrets que les onze candidats ne fussent pas invités. On pourrait croire à leur sincérité si eux-mêmes avaient refusé de prendre place sur le plateau. Mais leur indignation suivie de leur participation signe leur duplicité.

Je profite de ce post scriptum pour sourire de l'empressement que certains instituts de sondages, quelques secondes après la fin du débat, ont mis à déclarer vainqueur Monsieur Macron. Personnellement, j'ai trouvé confuses et équivoques ses interventions, et presque pathétique sa conclusion. Je n'en dirais pas autant des autres. 

 

 


Commentaires

 

1. lafianceedusoleil  le 20-03-2017 à 10:38:44  (site)

Bonjour,
oui, bravo !
Bon début de semaine.

2. Florentin  le 20-03-2017 à 13:47:00  (site)

Je l'avais déjà décidé. Ma manière de résister à ce déni de démocrati, et de justice sera de ne pas écouter ce débat. Les circonstances feront qu'il sera évidemment tronqué. Florentin

 
 
 
posté le dimanche 19 mars 2017

Maurice Maréchal (1882-1942)

 

 

 

 

 

               A méditer, cette phrase du fondateur du Canard Enchaîné :

 

«Mon premier mouvement quand je vois quelque chose de scandaleux c'est de m'indigner;

mon second mouvement c'est d'en rire :

c'est plus difficile, mais plus efficace.» 

 


 
 
posté le samedi 18 mars 2017

Pauvres riches !

 

 

 

 

Saisi au vol ce matin sur France Ô, cette phrase prononcée par Bruno Magras, président de la collectivité territoriale de Saint-Barthélémy dans les Antilles Françaises, plagiant la célèbre formule de Michel Rocard :

 

« Saint Barth ne peut accueillir

toute la richesse du monde. » 

 


Commentaires

 

1. Decapedepee  le 18-03-2017 à 08:26:10

C est vraiment injuste.
Ces riches font finir par devenir communistes.

Triste1

2. Florentin  le 18-03-2017 à 15:40:09  (site)

Mon lave-vaisselle m'a lâché ce midi. Je crois que je vais arriver à trouver les sous pour le faire réparer. Mais ça m'embête bien. On ne joue pas dans la même cour ...Florentin

 
 
 
posté le jeudi 16 mars 2017

Comme un roman...

L'apanage des grands écrivains, ceux qui ont su créer un univers, est de donner leur nom  pour former des adjectifs qui suffisent à peindre des caractères ou des situations, sans qu'il soit besoin, pour les saisir, de plus de détails.

 

 

Homérique, virgilien, rabelaisien, cornélien, racinien, voltairien, sthendalien, lamartinien, proustien,  célinien, etc.  A ceux qui partagent notre culture, ces mots disent tout.

Eh bien, je dis que ce que la mesquinerie et la rapacité de François Fillon nous font vivre ces jours-ci, ne peut mieux être qualifié que par l'adjectif balzacien.

 

Le décor y est, les personnages sont campés, l'action est désespérément lamentable.

 

 

 Sablé sur Sarthe

 

Une petite ville de la France profonde, son pont, sa rivière, ses quartiers bourgeois. Des cagots et des cagotes, une famille honorable de châtelains dont le chef, un monsieur à la componction respectable, décoré, familier de la messe dominicale, a franchi tous les échelons du cursus honorum et devant lequel les chapeaux se lèvent et les fronts s'inclinent. Une vie réglée, sans éclat, rassurante par son respect des conventions et de la tradition.(*)

 

Et tout à coup une crise, un déchirement qui fait voler en éclats toute cette tranquille harmonie, et dont le pouvoir et l'argent sont le moteur. Le vernis se craquèle, on aperçoit dessous tout un monde de petits arrangements patrimoniaux et financiers, de sordides rapports entre les époux et leurs enfants, un insatiable goût du confort et du luxe jusqu'alors bien caché sous de modestes dehors. Comme dans un roman de Balzac.

Mais ce n'est pas un roman. 

 

(*) J'ai connu ce monde durant plus de tente ans dans une petite ville de l'Yonne. Il n'y a que les noms à changer. 

  

 


Commentaires

 

1. jean23  le 16-03-2017 à 11:53:06

On va pouvoir dire Fillonien

2. Florentin  le 17-03-2017 à 22:26:52  (site)

Ou Filounien ...

3. Galinette  le 18-03-2017 à 14:08:38  (site)

Je suis déçu que vous joigniez votre voix à ce concert de "révélations" de plus en plus sordides sur un homme qui somme toute, n'est ni plus ni moins qu'un homme. Si on creuse chez n'importe qui on trouvera de belles choses ainsi que des turpitudes vous le savez bien. Et globalement, je ne crois pas que FF soit plus infâme que n'importe lequel de ceux qui se présente aux suffrages et peut-être même que la plupart d'entre nous. Ce qui se dégage de toute cette curée est un écœurement absolu, devant la manipulation sans aucun scrupule des esprits, et l'entreprise irresponsable de destruction de la moindre lueur d'espoir en l'avenir. Beaucoup plus méprisable , si on devait comparer, que la compilation de faits "à charge" propres à exciter les instants les plus bas de la population "ciblée" par la stratégie electoraliste des marquis actuellement en place. Et le découragement , droite et gauche confondues, de gens qui s'efforcent de croire encore en une possibilité de vivre en démocratie.
Je ne comprends pas comment on a pu tomber si bas et j'espère qu'un sursaut d'une hypothétique "majorité silencieuse" (?) balaiera cette fange.
Malheureusement j'ai peu d'espoir. Tout se brouille et une voie royale s'ouvre pour des extrêmes irreconciliables et une instabilité terriblement dangereuse pour la paix civile.

4. Frank-Marie-THOMAS  le 18-03-2017 à 19:02:54  (site)

@ Galinette
Vous avez dû vous méprendre sur ma position au sujet de François Fillon. Comme vous je regrette la curée médiatique dont il est l'objet et j'ai même consacré récemment un billet à ce sujet.
Mais je maintiens que toute cette affaire de sous est sordide, balzacienne et assurément indigne de la fonction auquel il aspire.
Quant à l'argument qui consiste à dire, comme Brigitte Bardot, que tous les politiques font de même, il est à la fois faux et odieux.

5. Galinette  le 18-03-2017 à 20:10:46  (site)

j'ai bien compris votre billet. Je me suis dans sans doute mal expliquée. Ce que je voulais dire c'est que, ce portrait qui quotidiennement nous est donné à voir, accumulant précisions et détails jusqu'à insérer le personnage dans un univers pour le coup Balzacien c'est vrai, constitue une agression insupportable à mes yeux. Je ne veux pas savoir si M. Fillon est un radin ou un sale petit bonhomme. Parce que je n'ai aucune confiance en ses détracteurs et que je leur dénie le droit
de chercher à m'influencer avec des "révélations" quotidiennes distillées avec un art consommé du crescendo.
Je ne dirai jamais "tous pourris" car je ne le pense pas. J'ai d'excellents amis très impliqués en politique, qui sont honnêtes, qui travaillent, soucieux du bien commun. Mais je constate qu' imperceptiblement, sans même s'en apercevoir, et sans être le moins du monde corrompu, peu à peu , les privilèges qui assortissent la fonction les amènent à trouver "normal" ce que le citoyen lambda considère comme des avantages. A force d'être assistés, considérés, sollicités , occupés à des tâches essentielles et des prises de décisions importantes ils perdent la compréhension de la réalité quotidienne de la majorité de leurs concitoyens. Et, pour les meilleurs, ne se rendent même plus compte que leur comportement est critiquable. De bonne foi.
Je ne sais pas ce qu'il en est de M. Fillon et pour tout dire, ça ne m'intéresse pas vraiment.
Ce qui m'intéresse c'est ce qu'il propose, ce que je pourrai agréer et ce que je pourrai combattre.
De même pour ses concurrents. Et je pense que si on se livrait à un même déshabillage chez tout un chacun (pas seulement les politiques) on trouverait force et faiblesses. Générosité et mesquinerie.... Parce que l'être humain est complexe et multiple.

 
 
 
posté le dimanche 12 mars 2017

On lui taille un nouveau costume !

Cette campagne présidentielle pue.

 

Je ne suis pas - tant s'en faut - un soutien inconditionnel de François Fillon (cf articles en lien); ni des autres candidats, d'ailleurs. Les lecteurs de ce blog le savent bien.

Je demeure choqué par la mesquinerie de grippe-sous qui lui a fait reverser à son foyer les sommes qui auraient dû aller à de véritables employés.

Pour autant, je ne suis pas dupe de l'acharnement évident dont il est l'objet ( la dernière attaque en date l'accuse d'avoir insulté les autistes ) ni de la suspecte accumulation d'affaires le concernant et surtout du calendrier de ces "révélations".

La dernière est sans doute la plus odieusement ridicule : voici qu'on nous apprend que Monsieur Fillon s'est fait tailler pour plusieurs dizaines de milliers d'euros de costumes. Et alors ? Et les autres candidats vont-ils cul nu ? 

Ce costume qu'on s'efforce de lui tailler, du moins, est gratuit, ce qui ne veut pas dire qu'il ne lui coûte rien... 

 


Commentaires

 

1. Decapedepee  le 12-03-2017 à 20:06:03

Dans cette campagne présidentielle, les médias ne peuvent-ils pas traiter de sujets en lien avec les programmes plutôt que de faire les fonds de poubelles ?

Concrètement où est le problème ? Mitterrand ne s habillait pas chez Kiabi je pense...!?

Si la liberté de la presse se réduit à ça, je m en passe.

Que ces gens indignes aillent se rhabiller.

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posté le vendredi 10 mars 2017

Un honnête homme.

 

 La Revellière-Lepeaux (1753-1824) par David d'Angers 

 

J'ai choisi, aujourd'hui, de rendre hommage à cet homme d'Etat, non parce qu'il est un de mes ancêtres, mais parce qu'il incarne ce que Montesquieu considérait comme le fondement de la démocratie : la vertu.

Cette vertu, faite de dévouement à la chose publique, de respect des lois, des autres et de soi-même, de désintéressement et de courage.

Toutes qualités qui, hélas, se font si rares aujourd'hui, au point même de passer pour des faiblesses.

 

A dire vrai, du temps de La Revellière, il en était déjà ainsi, ce qui dément la thèse si récurrente de la décadence des moeurs. Qu'on se souvienne seulement des débordements de Barras.

La Revellière-Lepaux, ce républicain impeccable qui lui aussi aurait pu  être nommé "l'Incorruptible", membre de la Convention Nationale, puis président de cette assemblée, devenu l'un des cinq membres du Directoire n'a pas été retenu par l'Histoire.

 

C'est que celle-ci, le plus souvent, ménage les ambitieux et les glorieux au détriment des honnêtes hommes dévoués à leur devoir et peu enclins à sculpter leur buste pour la postérité.

On connaît mieux César que Brutus. 

La Revellière-Lepeaux toute sa vie, se dévoua à son idéal républicain, refusant de plier devant les injonctions du puissant du jour, fût-il Napoléon ou Charles X.

A deux reprises il fit preuve d'un courage politique qui ne peut que forcer l'admiration : on le priva de son siège à l'Académie pour avoir refusé de prêter allégeance à Napoléon et, un peu plus tard, il refusa la pension que lui proposa Fouché en échange de cette même allégeance.

Au plus haut de sa vie politique il ne se départit jamais de cette vie modeste qui lui valut sarcasmes et mépris de la part des profiteurs et des nantis de son temps.

 

Une seule décision me chagrine : qu'il ait en janvier 1793 voté la mort du Roi. Encore ce vote lui inspira-t-il une réflexion qui montre à quel point son principal mobile était d'ordre moral, ainsi qu'en témoignent ces paroles prononcées lors du procès de Louis XVI devant la Convention (voir note, infra).

Mais au moins eut-il tout au long du reste de sa vie le courage d'assumer ce vote et de ne pas courber l'échine, tel un Fouché, devant les anciens maîtres.

Honneur à La Revellière-Lepeaux !

 

 

(*)  « J'ai voté contre l'appel au peuple, j'ai voté pour la mort de Louis; mais ce n'est pas sans horreur que j'entends invoquer l'humanité avec des cris de sang. Mon avis n'est pas d'éloigner ma détermination définitive, mais il est incroyable qu'une question si importante, puisque la vie d'un homme et l'intérêt public y sont attachés, soit décrétée sans désemparer par une assemblée épuisée par la longueur de ses dernières séances, sans qu'on puisse savoir quel degré de force l'assemblée sera en état de conserver, pour suivre une question aussi délicate; je demande donc que, sans rien précipiter, sans entendre ceux qui cherchent perpétuellement à porter la Convention à des démarches inconsidérées, on discute cette question importante, et que la discussion ne soit fermée que lorsque l'Assemblée se croira suffisamment éclairée. »

 

 


Commentaires

 

1. Florentin  le 10-03-2017 à 15:26:01  (site)

Un homme comme on n'en voit plus. Ou si peu ...Florentin

2. Decapedepee  le 11-03-2017 à 19:58:19

Quel President de la Veme République ou quel candidat à cette élection arriverait seulement à sa cheville?

De tels hommes sont trop rares.

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3. fugace  le 13-03-2017 à 01:27:46

Comment définir un honnête homme dès lors qu'il peut être admis qu'il existe de degrés dans la vertu comme dans le crime (selon sa définition en Droit) ?

"Il prépare avec Paul Barras et Jean-François Reubell le coup d'État du 18 fructidor an V (4 septembre 1797)." (Source Wiki).
Une trahison ?

4. Frank-Marie-THOMAS  le 13-03-2017 à 08:35:26  (site)

@ fugace
Fructidor est un coup d'état manqué non par La Revellière, mais par les royalistes qui ont tenté de renverser la République.
La Révellière, loin d'être un factieux, est au contraire le solide défenseur de la République, fidèle non seulement à son idéal, mais aussi et surtout à la mission que les représentants du peuple lui ont confiée.
Il eût été un traître s'il eût agi autrement.

 
 
 
posté le lundi 06 mars 2017

Le poids des mots.

Hier au journal du soir sur France2, François Fillon, de retour du Trocadéro, sans doute encore sous le coup de l'ivresse des foules, a par trois fois affirmé : " je ne suis pas autiste".

Hou ! aussitôt les associations d'aide aux autistes de protester contre cette expression de l'intolérable mépris du candidat à l'égard des malades.

 

Admettons que, pour varier la formule, Fillon ait dit : " je ne suis pas aveugle", ou bien "je ne suis pas sourd". Il aurait alors eu droit à trois protestations de plus.

 

Nous vivons une époque formidable !  

 


Commentaires

 

1. Decapedepee  le 11-03-2017 à 19:47:13

Toutes ces associations dites de défense des droits de leurs membres, souvent déclarées "de intérêt public" perçoivent des subventions.
Quelques envolées de boutiques permettent d en justifier l existence, de justifier de leur "intérêt ", de justifier de leurs "actions" et à leur président de justifier de sa redoutable efficacité tout en faisant parler de lui.. et le tour est joué.
Ç est du 100 pour 100 gagnant.

Mais le drame dans tout cela c est que l on ne peut plus dans ce pauvre pays étriqué appeler un chat un "chat".

Ne parlons surtout pas d humour, de dialogues à la "Audiard", tout cela n est plus du tout convenable d une part, mais surtout tout devient un bon moyen pour vous faire un procès.

Et gare si vous n êtes pas en odeur de sainteté....!

Pape

2. Frank-Marie-THOMAS  le 12-03-2017 à 09:52:40  (site)

@ Decapedepee
"Mais le drame dans tout cela c est que l'on ne peut plus dans ce pauvre pays étriqué appeler un chat un "chat"."
Je suis absolument, comme vous, irrité par la tartufferie ambiante. Sentiments mesquins et égoïstes, mais cachés sous des paroles fleuries et des euphémismes ridicules.
A ce propos, je rappelle cette plaisanterie de Pierre Dac : on sait qu'après guerre il ne fallait plus, au nom de la réconciliation franco-allemande, prononcer les mots "boche" ou "frisé" et les remplacer par "allemand".
Pierre Dac imagine donc ce dialogue :
- "mais monsieur, pourquoi me traitez-vous d'allemand ? Je suis allemand !"

 
 
 
posté le samedi 04 mars 2017

Les deux Pénélope.

On connaît bien la légende de la femme d'Ulysse, parangon de vertu et de fidélité conjugales.

 

 

Elle attend son époux durant vingt ans pendant que celui-ci accomplit son long et périlleux périple de retour de la guerre de Troie.

Les jeunes nobles d'Ithaque, le royaume de son mari dont, secondée par Mentor, elle assure la garde durant son abscence, persuadés qu'après un si long délai Ulysse ne reviendra plus, font à la reine une cour pressante.

A bout de stratagèmes pour les repousser, elle s'avise, elle la femme du rusé Ulysse, d'une ruse célèbre : elle se met à son métier pour tisser le liceul de Laerte en promettant qu'elle choisirait entre les prétendants le jour où elle l'aurait achevé.

Chaque nuit, silencieusement, elle défait l'ouvrage du jour de telle sorte que son ouvrage soit sans fin. Telle est la version la plus célèbre, celle qui glorifie l'épouse fidèle.

 

Une autre tradition est diamétralement opposée à celle-ci.

On dit que Pénélope aurait successivement cédé aux 129 prétendants et que de ces amours interdites et criminelles serait né le dieu Pan.  

 

A vous de choisir. 

 

 

 


Commentaires

 

1. johnmarcel  le 05-03-2017 à 05:05:26  (site)

Le pire dans une attente c'est ne pas savoir quand ça se termine...

 
 
 
posté le jeudi 02 mars 2017

Labiche n'est pas Sophocle.

Les mots, comme la monnaie ont tendance à se dévaluer au fil du temps.

 

 

 

Le mot "ennui", au XVIIe siècle, était l'équivalent de "souffrance" ou "torture" dans le vocabulaire actuel. Et si l'on se disait "étonné", on signifiait qu'on était "foudroyé".

Certains orateurs, et François Fillon est de ceux-là, emportés par leur fougue et leur désir de convaincre en frappant l'auditoire, accélèrent ce processus d'usure des mots en les employant à tort et à travers. Ils font de l'hyperbole leur mode ordinaire d'expression. En mai 68, était traité de "fasciste" tout individu - et j'en étais un - qui refusait de considérer Mao et Lin Piao comme des parangons de démocrates et La Chine communiste comme un paradis économique, social et culturel.

 

Fillon, pris dans une mesquine et balzacienne petite affaire d'enrichissement familial, s'efforce pathétiquement de donner une certaine grandeur tragique à ses misères privées et à les hausser au rang de catastrophe nationale.

Ce faisant il ajoute le ridicule au mesquin. 

Tour à tour, il a parlé de manipulation, ce qui peut encore s'entendre. De là il est passé  à un registre évoquant un coup d'Etat et le voici brandissant "l'assassinat". Usque non ascendet ? Il reste encore le "cataclysme", "l'explosion nucléaire" et "l'apocalypse".

 

Tout ce fatras lexical traduit davantage le désarroi de celui qui l'emploie qu'une véritable indignation.

Et quoi qu'il en soit, ce n'est certainement pas en essayant de donner à une pièce de Labiche la dimension d'une tragédie de Sophocle qu'il parviendra à convaincre le peuple de sa bonne foi.

Toute cette inflation sent furieusement sa fausse monnaie.  

 

 

 

 


Commentaires

 

1. decapedepee  le 02-03-2017 à 20:45:33

FILLON a jusqu'à présent tenté de convaincre le peuple de sa bonne foi.
Je comprends que sa mise en examen confère un caractère tragique à ce que vous associez à une "pièce de Labiche".

La tragédie ne peut être mêlée à une campagne présidentielle; et le drame de Fillon c'est que même s'il s'agit d'un coup d'Etat institutionnel, l'heure est à la réflexion sur des programmes.

Il n'est plus audible, il est dépassé et il est objectivement "empêché" de faire campagne.

On connait les rapports entre le PNF et l'Elysée, ceux entre les juges d'instruction et le Syndicat de la Magistrature, bref tous les éléments concernant le déroulé de la procédure, les personnes chargées des dossiers, les méthodes d'investigation et de communication, bref tout concorde à démontrer l'existence d'un véritable coup d'Etat institutionnel.
Cela a d'ailleurs été expliqué par des juristes.

Mais le drame de tout cela, et les français le savent bien, c'est que la vraie tragédie est celle que connaît la société française.

Un Etat régalien qui ne remplit plus son office, avec une Education Nationale déficiente, une Justice élastique, une culture remise en cause, une Histoire oubliée et une dette colossale de 2.200 milliards.

La France est un pays qui coupe des têtes, se Justice est perfide (la majorité des français ne fait pas confiance dans la Justice de leur pays).

Tout s'est dévalué au fil du temps, et quelquefois inversé - l'exception, le moche et le sale devenant aujourd'hui une norme ou une référence et la norme d'hier devenant bien souvent une exception.
Les valeurs, si elles n'ont pas été dévaluées ont été vidées de leur sens.

Cali

 
 
 
posté le mardi 28 février 2017

Un piège à rats : les primaires.

J'ai déjà eu l'occasion de dire (dès les primaires de gauche de 2011, voir articles en lien) à quel point les primaires "citoyennes" sont un  processus dangereux pour la cohésion républicaine. 

 

                 En quoi consistent-elles, en effet ?

A inviter les électeurs d'un bord politique à départager entre eux des concurrents prétendant à l'exercice d'une charge, puis à se regrouper, quel qu'ait été leur choix originel, derrière le gagnant.

A première vue, rien de plus efficace ni de plus équitable. On laisse le peuple choisir son candidat et on s'engage, quand bien même son favori n'est pas retenu, à tout faire pour favoriser la victoire de celui qui l'a emporté. Que pourrait-on bien redire à cela ?

 

Tout, selon moi.

D'abord, la logique même de cette élection partisane interne - même si elle est "ouverte" -  pousse irrésistiblement les concurrents à la surenchère. Plus leurs propositions seront spectaculaires, plus elles seront démagogiques et plus les électeurs de leur camp seront enclins à y adhérer. On rêve ensemble, sur son petit esquif, à la terre promise, aux fruits et aux fleurs, au bonheur sans partage.

Et voici que celui qui a su le mieux emporter les esprits "sur les rivages d'une autre vie" remporte la victoire.

Immédiatement le prince charmant redevient crapaud. Elu par les plus extrêmistes de son camp, il doit composer, s'il veut avoir une quelconque chance de l'emporter à la vraie élection, avec ceux qui n'ont pas voté pour lui, donc à trahir ses électeurs.

 

A moins, autre hypothèse ( qu'incarne en ce moment Benoît Hamon  ) que s'accrochant à ses promesses de campagne primaire, il décide de se couper de ceux qui n'ont pas, au sein de son propre parti, voté pour lui. L'écueil, alors, est évident : perdre toute possibilité de victoire finale.

On voit Monsieur Hamon - qui déjà a tant de mal à incarner la fonction à la quelle il prétend aspirer - passer trois semaines, alors que le temps presse, à négocier le misérable ralliement d'un groupuscule  et à tenter de séduire un candidat cabochard qui ne veut en aucun cas renoncer à son tour de piste.

Et durant ce temps, le parti socialiste dont il est issu, mais dont il enterre toute l'action depuis cinq ans, attend en vain un signe de sa part. Le résultat ne va pas se faire attendre : les sociaux démocrates qui constituent le fond du PS lorgnent vers celui qui au total les représente le mieux : Emmanuel Macron. Comme Monsieur de Rugy, l'écologiste, qui a déjà trahi son serment des primaires.

 

Ainsi le résulat de cette agitation autour des primaires aboutit à cet absurde paradoxe que les électeurs qui  ont voté en acceptant la règle du soutien au gagnant s'apprêtent à choisir  un candidat qui n'y a pas participé !

Tout ça pour ça ! 

 

 

 


Commentaires

 

1. decapedepee  le 28-02-2017 à 20:32:22

Le PS a voulu jouer le premier la carte de la "démocratie" au sein de son parti, donner carte blanche aux idées neuves, et finalement devenir un parti "multi-cartes" avec la préparation des motions exposées lors de Congrès puis de votes pour résigner les responsables du Parti à chaque échelon.

Jusque là tout va bien, enfin à peu près ... parce qu'à mon avis un Parti politique n'est pas une auberge espagnole. Je glisse..!

Les rivalités et les jalousies ont suscité la formation de clans prospérant plus ou moins selon dans les coups tordus, les intrigues, l'arsenic mais toujours dans les vieilles dentelles.

En effet, chacun avait compris qu'après les belles motions, pour arriver le premier, il fallait surtout ramasser des voix !

Le plus triste c'est que chacun avait bien compris que pour ramasser des voix il n'est pas utile d'être le plus sincère ou le plus intelligent.

On avait compris, (paradoxal!) que le meilleur était le plus fort pour écrabouiller l'autre... quitte à écrabouiller le meilleur.

C'est ainsi que chaque responsable de motion, pour créer son courant, et avoir un vrai poids politique, devait avoir ses relais départementaux pour recruter avant le 31 décembre de l'année précédant le Congrès, des futurs "socialistes" qui éliraient leurs responsables locaux (sections) et départementaux (fédérations) et ainsi de suite - chaque vote permettant de gagner un poste à responsabilité dans le Parti.

A cet effet, il fallait gonfler les rangs et recruter massivement des gens de bonnes intentions, des potes, bref en tous cas des gens fidèles à celui qui leur faisait remplir un bulletin d'adhésion.

Le système s'est donc vicié.

Valls a poussé Hollande à ne pas se représenter.

Le courant minoritaire et frondeur, dans la ligne d'Emanuelli, las d'attendre de pouvoir prendre le pouvoir et moins coquin que celui des "hollandais", constatant que le calendrier des Congrès tombait mal, était aussi favorable à ces primaires qui procurent l'avantage de diluer l'électorat "socialiste" des nouvelles recrues qui faussaient le jeu et permettent ainsi une redistribution de cartes plus équitable.

Si l'on compare tout cela à une pyramide, on imagine bien d'ailleurs le niveau d'honnêteté intellectuelle de ceux qui sont placés à son sommet..

Tout était donc déjà devenu très artificiel avant même l'organisation des primaires.

Il n'est donc pas surprenant qu'ils en soient là.

Je persiste à penser que Hollande aurait du se présenter à nouveau; Macron le caméléon aurait pris plus clairement sa couleur de traître, le PS ne serait pas disloqué, et aurait évité les dégâts en attendant le prochain Congrès.

Il aurait été préférable pour ce parti de modifier ses statuts en exigeant une adhésion d'une certaine ancienneté pour participer aux votes.

Le seul problème est qu'à mon avis un grand parti est en train de sombrer comme un navire flottant au gré des vents et des marées - les rats se sauvant dans tous les sens.

Quel dommage.

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2. Frank-Marie-THOMAS  le 01-03-2017 à 08:32:00  (site)

@ decapedepee

Il semble évident que si François Hollande s'était présenté - comme il eût été naturel - Macron eût paru que ce qu'il est : un intrigant ambitieux et sans scrupule. Ses chances de l'emporter eussent été à peu près nulles et la majorité du PS aurait eu un candidat certes affaibli, mais représentant réellement la majorité idéologique du parti.
Mais il est clair aussi que Hollande courait le risque d'être battu; du moins le croyait-il quand Fillon n'était pas encore pris dans la nasse de ses affaires.
On peut être convaincu que Hollande doit aujourd'hui s'en mordre les doigts. Lui, l'optimiste, aurait dû compter sur sa bonne étoile qui, il y a cinq ans l'avait déjà débarrassé de Strauss-Kahn.
Quand ça veut pas, ça veut pas.

 
 
 
posté le lundi 27 février 2017

J'y reviens.

Le grand avocat Jean-Yves Le Borgne dans le livre qu'il vient de faire paraître aux PUF, Changer la Justice, évoque l'ouverture d'un lieu d'exil pour les condamnés dangereux et irrécupérables. C'est pour moi l'occasion, conforté dans ma conviction par l'autorité de ce grand juriste,  de revenir sur une idée qui me tient à coeur et dont la mise en oeuvre me semble plus urgente que jamais.

 

 

 

 

Ceux - et ils n'appartenaient pas tous au Front National, tels M. Guérin, maire communiste de Vénissieux dans le Rhône - qui mettaient naguère en garde contre la vague noire de la violence étaient et sont encore traités de racistes et de populistes. Comme si le vrai populisme n'était pas au contraire de vouloir à toute force justifier, excuser et même refuser d'admettre les crimes commis par les membres d'une même communauté.

Systématiquement, certains esprits, au nom d'une conception dévoyée et perverse de la démocratie, refusaient et refusent encore de donner à cette dérive fascisante un nom et un visage.


Sous le prétexte, d'ailleurs fondé, que les ressortissants français d'origine maghrébine et de culte musulman ne sont pas tous des terroristes en puissance, et au nom d'une idéologie stupidement irénique, on a refusé de sévir quand il en était temps contre tous ces voyous qui pourrissaient la vie de nos concitoyens les plus défavorisés et installaient peu à peu dans nos villes et dans nos campagnes un régime d'omerta, de terreur et de complicité forcée.

 

Moi-même, comme professeur, j'ai à maintes reprises eu à me heurter à l'apathie absolue des autorités de l'Education nationale qui refusaient de "stigmatiser" et de sévir. Pire : il m'est arrivé d'avoir à me justifier devant tel proviseur du lycée de la petite ville où j'enseignais pour avoir porté plainte contre un jeune voyou insultant et violent. Loin d'aller dans mon sens, on me mettait en position d'accusé et peu s'en fallait qu'on ne me traitât de raciste pour avoir voulu faire sanctionner un jeune qui s'était mal comporté de façon provocatrice, menaçante et grossière.
Par exemple, rares, très rares étaient les collègues qui osaient protester et faire taire les élèves, filles et garçons, qui s'invectivaient en hurlant dans la cour et dans les couloirs des "fils de pute", "pédé", "sale juif". Lorsque je le faisais, jamais l'administration ne marquait la moindre solidarité, quand elle ne faisait pas montre, au contraire, d'une désapprobation à la fois démagogique et dangereuse.

 

Nous payons aujourd'hui le prix de toutes ces années d'aveuglement et de lâcheté.

La France, complexée par son passé colonial en Afrique du Nord (qui aurait pourtant dû l'instruire sur la montée du terrorisme et sur ses méthodes d'intimidation), est comme tétanisée par ce qui lui arrive.

Les terroristes sanguinaires que nous avons nourris dans notre sein nous font de plus en plus mal. Et nos réponses tardives, molles et inadaptées sont autant de triomphes pour eux.
Ils hurlent de rire devant ces images de télévision où un peuple apeuré vient dire son angoisse et, au sortir de "cellule de soutien psychologique", pleure à chaudes larmes en déposant fleurs et bougies sur les lieux du dernier crime.

 

Ce qui s'est passé à Magnanville - ce double meurtre de policiers à leur domicile sous les yeux d'un petit enfant - est une étape supplémentaire dans la montée de la terreur.
Le meurtrier est un délinquant répertorié dans les fichiers ; il a effectué un temps de prison, il est connu pour s'être radicalisé, et il va librement par les rues de son quartier !
Dorénavant on n'est plus en sécurité dans les stades, les clubs privés, les salles de concert, les églises, les synagogues, les écoles et, à présent, chez soi. La France connaît à son tour la terreur continue que l'Algérie a connue il y a soixante ans. Mais cette fois elle n'a pas la solution d'abandonner son territoire...
Et comme il n'est pas possible de demander plus à nos forces de l'ordre et qu'il est hors de question de vivre dans un régime policier en perpétuel état de siège, il faut impérativement mettre hors d'état de nuire les 3600 islamistes radicaux répertoriés et fichés S par nos services de renseignement avant que leur nombre ne double ou ne décuple. Car nous n'en sommes qu'au commencement.


On n'a pas assez de places en prison et les aurait-on, il n'est certainement pas souhaitable que ces fanatiques viennent y pourrir les détenus de droit commun.
Personne ne souhaite non plus un grand camp de détention à la Guantanamo qui serait un remède plus dangereux que le mal.

 

 

Pour ma part, je ne vois que l'exil lointain pour ces assassins irrécupérables, dans un endroit peu ou pas gardé - sauf par les requins -, toute fuite en étant impossible, et si éloigné qu'aucun contact avec le monde extérieur ne soit envisageable. Il s'agirait d'une mise à mort civile, d'un bannissement à vie qui ôterait à ceux qui en seraient frappés la joie d'être des martyrs et de faire la une des journaux, des télévisions et des réseaux sociaux. Edgar Faure répétait souvent "Clipperton !". (*)
Pensez-y.

 

(*)  Extrait de Wikipedia : L’île de Clipperton anciennement île de la Passion, est une possession française composée d'un unique atoll situé dans l'océan Pacifique, à 10 200 kilomètres de la France métropolitaine, à 5 400 kilomètres de Tahiti et à 1 100 kilomètres au sud-ouest du Mexique. Son lagon représente le seul lagon d'eau douce au monde.

 


Commentaires

 

1. Decapedepee  le 27-02-2017 à 20:25:12

Me Le Borgne propose d exiler les condamnés dangereux et irrécupérables, ce qui présuppose qu ils aient été jugés pour des faits graves.

Les 3600 islamistes radicaux fichés S sont fichés en raison de leurs propos, de leurs accointances, etc.. bref plus généralement en raison d éléments ou de faits caractérisant leur radicalite et leur potentielle dangerosité selon les services de renseignement qui procèdent aux fichages.

Faudrait-il que les fichés S soient condamnés du fait de leur fichage? Dans l affirmative, comment?

Je sais qu en France nul besoin maintenant de preuves pour condamner qui que ce soit: l intime conviction du juge suffit!
Ainsi le fichage en lui-même serait un élément alimentant généreusement l intime conviction du juge.
Cependant encore faudrait-il qu il y ait des poursuites.

Faudrait-il poursuivre les fichés S devant les tribunaux en raison des faits ayant justifié leur fichage ?

Cela pourrait être une solution. Ainsi ils seraient condamnés pour tentative de crime contre l État ou intelligence avec une association terroriste et exilés définitivement.

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2. Frank-Marie-THOMAS  le 28-02-2017 à 11:58:37  (site)

@ decapedepee

Vous vous interrogez : " Faudrait-il poursuivre les fichés S devant les tribunaux en raison des faits ayant justifié leur fichage ? "
Ma réponse est clairement oui.
Le principe d'assistance à personne en danger ( en l'occurrence le peuple ), ou même le principe de précaution auquel est tenu tout responsable public justifierait une telle mesure.
A condition que les éléments de l'enquête soient clairs, indubitables et recoupés, l'Etat doit avoir la possibilité de mettre hors d'état de nuire des personnes potentiellement et certainement dangereuses.
Admettons que pour y parvenir il faille modifier nos lois, l'affaire est suffisamment grave pour qu'on s'y mette.

3. La cigogne  le 01-03-2017 à 14:07:25

Bonjour monsieur..allons nous devoir ressusciter Prony.. Nouville.et autre fort Teramba..très loin..là-bas..dans le pacifique sud..!!francoise

 
 
 
 

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