Le journal de Frank THOMAS

Libre parole d'un citoyen.

posté le jeudi 17 mai 2012

Avertissement aux lecteurs du village.

Je suis arrivé dans le village il y a 31 ans.

J'y ai connu des jours heureux, très heureux même.

Je m'y suis engagé pour la première fois dans la vie locale, associative et élective en 1982.

J'y ai voté pour la première fois de ma vie à 36 ans.

J'y ai vu la mesquinerie de la droite et celle de la gauche.

Je suis parti, revenu, reparti, revenu.

J'y ai travaillé durant 25 ans avec bonheur.

Je m'apprête à le quitter sans regrets après 31 ans et demi.

Je ne suis plus inscrit sur ses listes électorales.

Je ne porte  aucun regard à ce qui s'y passe

 ( il ne s'y passe d'ailleurs absolument rien).

J'ai mille autres centres d'intérêt.

C'est de ceux-ci que je parle ici.

Je demande qu'on cesse de m'entretenir du village.

Si on insiste, je ne laisserai plus passer .

Ah mais !

 

 

 

 

 

 


Commentaires

 

1. Hervé Molla  le 17-05-2012 à 15:26:35

Comment proposer un commentaire à la fois pertinent, impertinent et qui ne soit pas hors sujet, à un post (un article) du blog qui porte sur « le village » et qui promet en même temps de bannir tout commentaire sur « le village » ? L’espace de liberté semble bien ténu !
Eh bien, sans forcer la main de Frank Thomas (j’aurais du mal !) je proposerais (j’y mets donc le conditionnel) cette entrée en matière : la paternité du nom de « village » appliqué au « village » m’appartient d’une certaine façon ! En effet, depuis 2007, je jouis (en égoïste jusqu’ici) sur le nom de « village » appliquée au « village » d’une sorte d’antériorité comme on dit à l’Institut National de la Propriété Industrielle (INPI) où il me faudra songer à déposer un jour la marque Le Village ®. Pour l’instant, le nom de « village » appliqué au « village » n’est justifiable que d’un copyright que je revendique (en rigolant)…
En 2007 donc, j’avais réalisé au village la première des nombreuses interventions artistiques que j’y ai menées par la suite et qui consistait en l’installation, en vitrine — et donc visible de jour comme de nuit, de la sculpture d’un nain de jardin du commerce posée sur un socle ad hoc et mise en regard d’une photographie de ladite sculpture, tirée à « taille réelle », c’est-à-dire celle d’un homme « normal ».
Je relève au passage (et sans vouloir me hausser du col plus que ça) que cette fonction assignée à l’image du nain (à la fois donc présenté et représenté) avait quelque chose de prémonitoire puisque nous avons depuis quelques jours un président de la République « normal ». (Les normes ont toujours quelque chose d’effrayant, me semble-t-il, lorsqu’elles sont appliquées aux personnes ; et un président, fût-il un président de la République, est tout de même une personne). Un critique d’art et éminent curator (en français : un commissaire d’exposition — qui n’a rien à voir dans la plupart des cas avec un commissaire politique) m’avait alors écrit avec infiniment de justesse que « le nain n’est pas petit. Il est loin ».
Où j’en reviens au village : l’œuvre, portant sur le rapport de l’objet avec son image, avait pour titre « I am The New Nr 2 » (Je suis le Nouveau Numéro 2) et faisait référence à la série télévisée britannique « Le Prisonnier » ; série culte des70’s (comme on dit depuis) et dont les jeunes générations d’aujourd’hui raffolent encore plus. Celle-ci mettait en scène le Prisonnier (alias le Numéro 6) joué par le réalisateur — Patrick Mc Goohan ; le Numéro 2 (remplaçable, et remplacé à chaque épisode) ainsi que le majordome joué par le nain (pardon : l’individu de petit taille) Angelo Muscat, quasi-muet (une sorte de petit rôle).
Le générique de chacun des 17 épisodes faisait entendre (dans sa version française) un dialogue que je ne résiste pas au plaisir de rappeler :
« Où suis-je ?
– Au village.
– Qu’est-ce que vous voulez ?
– Des renseignements.
– Dans quel camp êtes-vous ?
– Vous le saurez en temps utile … Nous voulons des renseignements. Des renseignements. Des renseignements.
– Vous n’en aurez pas !
– De gré ou de force, vous parlerez.
– Qui êtes-vous ?
– Je suis le Nouveau Numéro 2.
– Qui est le Numéro 1 ?
– Vous êtes le Numéro 6.
– Je ne suis pas un numéro, je suis un homme libre ! »
Si l’œuvre plastique (la statue du nain et son image surdimensionnée) est toujours vendable, l’homme libre quant à lui ne l’est toujours pas. A la fin (de la série télévisée), le Prisonnier réussissait à se casser, emmenant avec lui le nain-majordome. Le Numéro 1 ?
A l’ère du numérique proclamée (et alors donc que l’on peut trouver « Le Prisonnier » en DVD), est-il encore permis à chacun de jouer avec les analogies ?

2. Frank-Marie-THOMAS  le 17-05-2012 à 17:42:59  (site)

En effet , cher Hervé, je ne souhaite plus qu'on me demande mon avis à propos de la vie du village, qu'on m'entretienne des rebondissements - ou pour être plus exact - de la lente agonie du village, des gens du village, des "autorités" du village, etc, comme s'y je devais y prendre un intérêt quelconque sous prétexte que j'ai perdu des années et une somme folle d'énergie à essayer de lui être utile.
C'est, aux yeux de certains esprits étroits comme le village, une sorte de devoir que j'aurais contracté, un peu comme si vous obligiez quelqu'un qui vous a rendu service un jour à s' occuper de vous tout le reste de sa vie, ou que vous en vouliez à quelqu'un qui vous donné de l'argent de ne pas vous en donner encore !
Pour ne pas avoir à remercier des bienfaits passés, ce genre de personnes vous reproche de ne pas les poursuivre ad vitam aeternam.
Mais cette recommandation n'est évidemment pas pour vous, Hervé, qui ne parlez du village que pour le dépasser et dire des choses toujours intéressantes, qui ne le concernent qu'en tant que paradigme , de façon barthésienne.
"Hou lala ! "paradigme", barthésienne", kè ki dit, l'prof", je les entends d'ici, les villageois...
Et merci pour votre apologue du nain de jardin.

 
 
 
posté le mardi 15 mai 2012

Petit, mesquin et aigre.

Jusque là tout s'était bien passé depuis une semaine, dans le respect des règles de la politesse et des rites républicains.

Le président sortant et le président élu, sans excès, mais avec une sorte de facilité de bon aloi avaient su sacrifier aux obligations de leurs situations respectives avec dignité et respect.

 

 

 

Or voici qu'à l'extrême fin de la cérémonie de passation des pouvoirs, le nouveau président a tout gâché par impatience, par maladresse ou, ce que je suis plus enclin à croire, par calcul.

Sur le perron de l'Elysée, au moment de dire au revoir à Monsieur Sarkozy qui s'en allait, Monsieur Hollande au lieu d'attendre qu'il ait franchi la cour jusqu'à sa voiture et dépassé la grille du château, tourna brusquement les talons, laissant l'ex-président et son épouse descendre seuls les marches et s'en aller.

Grossièreté impardonnable et qui, selon moi, est le premier faux-pas du nouveau locataire de l'Elysée

 

 

Quelques instants plus tard il en commettait un second encore plus grave et plus injurieux pour l'homme et pour la fonction.

Comme il achevait son discours d'investiture devant les corps constitués et les personnalités invitées, il se lança dans l'éloge de ses six prédécesseurs de la Ve République.

Alors qu'il avait su trouver une phrase aimable pour résumer et caractériser l'apport positif de chacun d'eux, il finit par Nicolas Sarkozy en lui souhaitant bonne chance dans sa nouvelle vie, façon à la fois hypocrite et blessante de dire qu'il n'avait rien à dire de positif sur les cinq années qui viennent de s'écouler.

 

Il y a dans ces deux épisodes de la cérémonie de ce jour quelque chose de lamentablement mesquin, petit et aigre qui augure mal de la suite et qui donne raison au jugement cruel que Jean-Luc Mélenchon portait naguère sur François Hollande.

 

 

NB ajouté le 16 mai :

Au journal de 20 heures sur France2, le premier ministre, Monsieur Ayrault , interrogé par le journaliste, répond que ces deux prétendus manquements ne sont pas graves et qu'il préfère retenir la belle image du 8 mai et des deux présidents côte à côte sous l'arc de triomphe.

On ne saurait pousser le culot plus loin !  Le 8 mai Monsieur Hollande  été invité par le président sortant dans un esprit républicain et c'est justement pour quoi sa grossièreté et sa mesquinerie partisane d'hier sont encore plus insupportables.

 

 


Commentaires

 

1. freedo  le 15-05-2012 à 18:49:14  (site)

Je ne suis pas forcément pro-Hollande, mais il me semble que vous "cherchez des poils sur les œufs"..

2. Le fameux lecteur  le 16-05-2012 à 11:42:05

Suite à mes commentaires vous vous posez en victime.ne vous en déplaise,mais losque une élève du lycée de Joigny risquait d'être expulsée de France,où étiez-vous?Cependant,lors de votre absence,vous apportez votre concours aux rattrages des cours,(Sarko n'avait rien prévu en la matière),et vous vous dites que j'ai une dent contre les enseignants.Mais il y a très longtemps que je ne considère plus cette profession comme entièrement de gauche,des exemples avec mes petits enfants sont révélateurs,(pour ne pas leur nuire je ne révélérais pas mes dires).pour cette expulsion de notre France de cette lycéenne,vous étiez en responsabilité à Joigny.Maintenant,mes sources vous ont toujours reconnu votre professionnalisme,mais pas votre engagement politique tous azimuts(ceci concerne la droite, avec laquelle vous n'avez jamais divergée°.Dans votre profession cela vous a valu les palmes académiques,ce qui dans le monde équivaut à la médaille du travail sans plus.Mais nous aurons encore lieu d'en reparler,si votre blog reste accessible.Au fait où en est la réunion de vos listes de droite pour les législative,alors MLF ne prend pas de suppléant à Joigny?Voici un problème qui intéresse la démocratie locale.

3. Frank-Marie-THOMAS  le 16-05-2012 à 12:37:24  (site)

@ freedo

Votre image est marrante, mais fausse, je crois.
Par formation et par goût, je suis enclin à décrypter le sens soujacent des choses et des gestes.
Je vous signale que c'est même là l'une des caractéristiques les plus intéressantes de l'esprit et de la littérature françaises.
Sans me comparer à ces illustres exemples, bien entendu, qu'ont fait d'autre Montaigne, Balzac, Flaubert, Proust, Céline, Sarraute, Barthes, que de "chercher du poil sur les oeufs" ?
Bref, les gestes et les paroles que je stigmatise- et que de nombreux commentateurs critiquent aussi - ont bel et bien un sens, ne vous en déplaise, et celui-ci n'est vraiment pas favorable au "président normal".

4. Frank-Marie-THOMAS  le 16-05-2012 à 12:41:35  (site)

@ lecteur.
Une fois de plus - vous le faites exprès ou vous n'y pouvez rien ? - vous faites un commentaire absolument à côté du sujet.
Puisque vous y tenez, restons sur votre terrain
Votre ami Hollande est au pouvoir : vous êtes sûr que dorénavant les professeurs absents seront remplacés ? Nous allons voir.
Quant à la petite vie locale du village gaulois, je m'en contrefous dorénavant, vous ne l'avez pas encore compris ?

 
 
 
posté le dimanche 13 mai 2012

En revenant de Nantes...

Jean Marc Ayrault est un homme politique avisé et plein d'expérience.
Il a été élu pour la première fois en 1976, il y a 36 ans, conseiller général de Saint-Herblain, maire de cette commune en 1977, puis, après avoir habilement manoeuvré, maire de Nantes en 1989.

 

 

 


Donc, lorsqu'éclate l'affaire du journal municipal de cette grande ville, il en est maire depuis 8 ans, et il en est à son deuxième mandat.
Cela relativise, me semble-t-il, les allégations selon lesquelles il se serait laissé surprendre, etc.
Entre temps, en 1991, en tant que député, il avait voté la loi organisant les conditions d'attribution des marchés publics.


Malgré cette expérience et cette connaissance évidemment très fine de la loi, le maire de Nantes a commis une faute qui ne serait pas pardonnable à un débutant.
Il a laissé une association créée pour gérer la communication de la Ville, désigner sans appel d'offres une entreprise privée,la SNEP, pour gérer la fabrication et l'impression du journal municipal " Nantes Passion ".
Cette société privée était dirigée par un homme d'affaires proche du parti socialiste, Daniel Nedzela.


Ainsi, par ce montage tordu, la Ville de Nantes n'était pas coupable d'avoir attribué un marché public ( de 915.000 euros ) sans appel d'offres, à une société privée.
Le maire, néanmoins, fut reconnu responsable de ce manquement grave et condamné, le 19 décembre 1997, à 6 mois d'emprisonnement avec sursis et 30.000 francs d'amende.


Monsieur Hollande, durant la campagne, a dit et répété qu'il ne s'entourerait d'aucune personnalité " jugée et condamnée".
On nous explique que la nouvelle opposition présidentielle est d'une affreuse mesquinerie d'oser exciper d'une affaire aussi ancienne et, de surcroît, couverte par le délai de 10 ans.
Ce délai, indiscutable, réhabilite le citoyen Ayrault, c'est entendu.


Mais lorsqu'il fait ces déclarations vertueuses, je présume que Monsieur Hollande ne pratique pas , comme les jésuites, la direction d'intention...
Il n'est pas à ce point Tartuffe, tout de même !

 

 


 
 
posté le dimanche 13 mai 2012

Un conseil...

Un conseil : lisez attentivement l'excellent commentaire fait par un lecteur assidu, Hervé Molla.

Vous le trouverez à la suite du précédent article consacré au droit de vote des étrangers en France que je mets en lien avec cette note.

Un blog est un espace de liberté d'expression lorsqu'il suscite de telles interventions à la fois libres dans leurs idées et remarquablement exprimées et argumentées.

C'est tout le contraire des éructations habituelles et des réactions épidermiques qui confondent liberté avec licence, et expression avec renvoi gastrique.

 


 
 
posté le samedi 12 mai 2012

Un rêve ou... ?

 

 

 

 

Il va "réenchanter le rêve français"

 


 
 
posté le samedi 12 mai 2012

Le droit de vote de étrangers en France.

La question est sensible, bien sûr, et certains ne manquent pas d'en faire une exploitation discutable. Revenons à l'essentiel et surtout à la réalité, comme je m'efforce de le faire sur ce blog en m'abstenant de toute idéologie partisane.

 

 

Tout d'abord, il faut rappeler que tous les ressortissants de la Communauté Européenne ont le droit de voter en France - et la réciproque est évidemment vraie - aux élections municipales.

 

La polémique sur l'octroi du droit de vote aux étrangers ne porte donc que sur les ressortissants de pays extra-européens, essentiellement d'Afrique subsaharienne et du Maghreb.

 

Les partisans de ce droit de vote des étrangers aux élections municipales - et certains vont même jusqu'à le souhaiter pour toutes les élections françaises - développent des arguments d'ordre moral et politique qui à mes yeux ne tiennent pas la route dans la mesure où la réciprocité, qui serait tout de même une condition minimale à l'application de ce droit, n'existe pas.

 

En revanche, dans la mesure où la France exigerait que les citoyens français expatriés jouissent du même droit que les étrangers installés chez nous, je ne vois pas ce qui pourrait s'opposer à ce que des ressortissants de pays étrangers votent en France aux élections municipales et puissent y être élus.

 

Une seule condition doit cependant être mise à ce vote, condition que le Sénat à majorité de gauche a d'ailleurs posée dans son débat du 9 décembre 2011, c'est que les conseillers municipaux étrangers éventuellement élus ne puissent pas devenir membres de l'exécutif local et qu'ils ne soient pas désignés comme grands électeurs, participant à l'élection des sénateurs, lesquels font la loi nationale.

 

Réciprocité du droit de vote des étrangers et limitation à un mandat ne donnant pas le droit de votre à un degré supérieur, telles sont les conditions qui, selon moi, autorisent le droit de vote des étrangers aux élections municipales en France. 

 


Commentaires

 

1. LECTEUR  le 12-05-2012 à 11:32:40

Si on fait référence à "votre village"(= paysans,puisqu'il ne pense pas commevous),je connais des Magrébhins qui en sont revenus de nos luttes internes locales,et qui ont abandonné l'idée de siéger à l'Assemblée locale.ceci devrait vous réjouir quelque part.

2. LECTEUR  le 12-05-2012 à 11:59:20

Vous avez reçu dans vos rangs un magrébhin,(très digne au demeurant),mais qui n'a rien renié de ses origines,et qui avait le droit de vote en France.Il a livré,si puis le dire ainsi des enfants très digne à la France,mais qui est retourné dans son pays d'origine en quête d'une nouvelle épouse,après la disparition de son "ex".Doit-on pour autant lui interdire de siéger à l'Assemblée de paysans tel que vous le dites .Et qu'en pense vos anciens alliés en politique de Joigny?

3. Hervé Molla  le 12-05-2012 à 23:30:08

Voici donc la nouvelle folie à la mode :
« le droit de vote des étrangers aux élections locales ». Et pour paraître sage, la folie proposée se trouve flanquée de grands principes et de bons sentiments.
« Pourquoi en effet, ai-je entendu, un étranger qui vit dans telle commune depuis tant d’années, qui y travaille et y paie des impôts (on met une grande insistance à le préciser) n’aurait-il pas son mot à dire dans l’élection des représentants politiques locaux et les choix, locaux eux aussi, qui en découlent ? » Oui, pourquoi ?
Eh bien tout simplement parce que le résultat d’une élection politique locale ne peut pas être sans répercussions aux échelons départementaux, régionaux, nationaux — et vice versa — et particulièrement à l’heure de la décentralisation dont on nous promet de toutes parts qu’elle doit et qu’elle va progresser.
Mais peut-être avant tout parce qu’une élection « locale » (disant cela on entend la faire passer pour subalterne, avec un enjeu mineur, alors que dans le même temps on trouve important d’étendre le droit à y participer) a précisément une répercussion au niveau … local ; ce qui est une évidence. Imagine-t-on cependant une commune peuplée à 80% d’étrangers qui constitueraient, dans cette hypothèse, autant du corps électoral ? Ce cas de figure serait-il si improbable ? Une telle commune rurale ou périurbaine serait alors en quelque sorte une enclave d’un nouveau genre sur le territoire de la République et son maire, tout français qu’il soit, serait évidemment au service des intérêts d’une communauté extranationale. « Qui t’a fait comte ? » dirait le maire. « Qui t’a fait roi ?» dirait le corps électoral. A ce jeu, le maire se ferait probablement plus petit garçon qu’un Hugues Capet devant le comte de Périgord. Exit en tout cas la République une et indivisible ! Nous nous retrouverions à l’aube d’une nouvelle féodalité et les journalistes pourraient parler à bon droit, comme ils le font déjà, du « fief » de tel ou tel.
« Cela ne se peut » aurait dit Louis XIV …
Oui mais tout de même « puisqu’ils travaillent et qu’ils paient des impôts ! » insiste-t-on. A suivre cet argument, nous ne serions plus aux temps évoqués où l’Etat-nation se reconstruisait, mais dans le retour à une sorte de suffrage censitaire : un « je paie, donc je suis » franchement consumériste et ainsi tout à fait en phase avec son temps. Pourquoi alors limiter ce droit de vote des étrangers aux élections locales et ne pas l’étendre à toutes les élections (les impôts payés, directs et indirects, ne servant ils pas à financer des équipements locaux, départementaux, régionaux, nationaux) ? Cette proposition est-elle trop grosse pour la faire gober d’un seul coup aux franchouillards ?
Par ailleurs qu’en serait-il, par exemple de l’épouse et des enfants majeurs de l’étranger-électeur (car on ne saurait les discriminer) ou du chômeur, français ou étranger, qui par définition ne travaille pas et ne paie pas l’impôt ? Enfin, l’étranger « électeur dans la commune où il vit, travaille et paie des impôts » continuerait à être électeur dans son propre pays (où il ne vit pas et n’y paie peut-être pas d’impôts). Il voterait donc à la fois ici et là-bas. Dans cette logique, ne serait-il pas équitable d’adapter le droit de vote « aux élections locales » de telle famille française (le père, la mère et leurs douze enfants par exemple) qui partage son temps entre le XVIe arrondissement de Paris, sa maison du Perche ou du Lubéron, son chalet de Chamonix ou sa villa de La Baule et qui, ici et là où il est citoyen « paie des impôts » ?
Quelle usine à gaz ! Pour quel profit ou quel progrès ? Je n’en vois qu’un : constituer par un biais tordu un réservoir électoral tout neuf (le peuple ne convient pas, il suffit de changer de peuple) que d’éternels ambitieux, alors qu’ils sont discrédités, pourraient allécher avec la vieille formule qui semblerait inédite : « je vous ferai comte et vous me ferez roi ».
Mais — j’y reviens — quid de la République française ? La réponse est claire : pour moi, c’est NON !

 
 
 
posté le samedi 12 mai 2012

La "faute" de Monsieur Ayrault.

Un mot sur ce que certains considèrent comme un mauvais procès fait à Monsieur Jean-Marc Ayrault à propos d'un journal municipal de Nantes qui lui a valu quelques ennuis judiciaires.
Cet homme, je le dis comme  je le pense, paraît digne de respect, même s'il n'engendre pas la gaîté ( Fillon, d'ailleurs...) et correspond assez bien à ce que Coluche appelait " le Premier Sinistre".

Mais la faute qu'on lui reproche, pour bénigne qu'elle soit, est une faute de débutant qui cadre mal avec son expérience et son sérieux visible.
Que l'opposition future s'en empare pour le déstabiliser et mettre François Hollande dans l'embarras n'est sans doute pas d'une grande élégance.
Mais la gauche est-elle la mieux placée, elle qui n'a rien laissé passé à la majorité sortante et à ses chefs durant cinq ans, faisant feu de la moindre brindille, pour donner des leçons d'élégance politique ?
 

 


Commentaires

 

1. LECTEUR  le 12-05-2012 à 12:01:47

Ayrault,il va falloir qu'il se batte contre les paysans qui ne veulent de l'aéroport sur leurs terres.

 
 
 
posté le samedi 12 mai 2012

Quand le carrosse redevient citrouille.

Si Sarkozy n'existait pas, il faudrait vraiment l'inventer...
A lire certains commentaires, articles et prises de position, il semble que la gauche soit en train de développer l'idée que ce qui va mal est à mettre sur le seul compte des dirigeants sortants.

 

 

 

 

François Hollande est élu.
Il va vraisemblablement, avec son premier ministre, remporter la majorité à l'Assemblée Nationale; il a le Sénat et 22 des 23 régions de France, sans compter la majorité des grandes villes.
Loin de moi l'idée de critiquer cet état de fait, qui n'est que le résultat de la volonté des Français, et qui, d'ailleurs, a déjà existé par le passé avec une autre majorité sans que celle-ci y trouve à redire. Je rappellerais seulement que la gauche, en 1997 notamment, ne ménageait pas ses efforts pour expliquer aux électeurs, dans des circonstances similaires mais inversées, qu'il ne fallait pas, au nom de la démocratie, mettre tous les oeufs dans le même panier.


Il n'en reste pas moins que lorsqu'on est à ce point pourvu de tous les moyens d'action on a la décence de ne pas commencer en rejetant la faute sur l'opposition tout en passant sous silence, comme on l'a fait durant toute la campagne - ce qui a faussé gravement le débat - les terribles réalités de la crise économique et financière que le monde traverse.


Non, la situation difficile où nous nous trouvons ne peut plus être imputée au seul gouvernement Fillon et au président Sarkozy; elle est la résultante d'un marasme qui ne fait que commencer et dont le tort de Monsieur Hollande et de ses amis est de n'avoir pas fortement et clairement reconnu qu'il la subirait comme ses prédécesseurs. C'était une tromperie et un mensonge par omission.
Ce fut sa manière à lui de "réenchanter le rêve français", et il n'est plus temps d'essayer de gazer cette faute en continuant à s'en prendre à des responsables politiques qui, le futur proche leur rendra sûrement justice, ont fait tout ce qui était possible pour rester inventifs et audacieux dans cette tourmente.

A un certain moment, le carrosse redevient toujours citrouille.


 

 


Commentaires

 

1. LECTEUR  le 12-05-2012 à 11:28:01

vous êtes tellement engonçé dans votre métier,que je doute fortement,que vous connaissiez le monde du travail et de ses problèmes.Il est vrai qu'il est de bon ton d'écarter cet électorat de toutes décisions,si ce n'est quand il se rallie au décision de la droite ou du centre.

2. LECTEUR  le 12-05-2012 à 12:08:50

Le rêve français:" moi je le connais,c'est celui tout de suite après la deuxième guèrre mondiale,le programme du CNRS.La France était au fond du gouffre.Où était votre pays d'origine ,je ne sais.Mais qui se souvient de tout cela.pas forcément ce qui luttent contre.Et vous partie prenante dans l'enseignemant,qu'avez-vous fait dans ce sens,en cati-mini?

3. Frank THOMAS  le 12-05-2012 à 12:53:30  (site)

"Lecteur", vous avez me semble-t-il un dent contre les professeurs, et tout particulièrement contre moi.
Votre vision sectaire du prof coupé des réalités caractérise, ne vous déplaise, la pensée de droite la plus étroite, contre laquelle j'ai toujours lutté; c'est du poujadisme.
Mais enfin, puisque pour un moment vous avez renoncé à l'injure, je veux bien vous répondre.
Je vous dirais donc que le CNRS n'a rien à voir avec le CNR etque le magnifique programme de celui-ci date de 70 ans...

4. Frank THOMAS  le 12-05-2012 à 12:55:45  (site)

...Permettez moi d'ajouter que vos commentaires n'ont strictement aucun rapport avec le propos de ce billet
"Lecteur", il faudrait lire !

 
 
 
posté le mardi 08 mai 2012

Une belle image.

Oui l'image est belle de ces deux adversaires côte à côte sous l'arc de triomphe de l'Etoile.
Le monde entier la verra et la France, assurément, en sera mieux aimée encore.
Le président sortant a invité le président élu et celui-ci a accepté cette invitation. Cela montre l'intelligence de l'un et de l'autre.

 


Mais il ne faudrait pas laisser accréditer l'idée que Monsieur Sarkozy se rattrape par là de la partialité et de la "vulgarité" dont il a été si régulièrement accusé, ni que la perspective de la fin très proche de son mandat et le souci tardif de laisser de lui une noble image ont causé cette soudaine prise de conscience républicaine.


Il me semble que l'ouverture du gouvernement à des personnalités issues de la gauche dès le début du quinquennat, la cession de la présidence de la commission des finances de l'Assemblée à un député de l'opposition, la nomination d'un socialiste au Conseil constitutionnel et à la présidence de la Cour des comptes, le pouvoir donné à celle-ci de vérifier les comptes de l'Elysée, etc., témoignaient de ce même souci d'équilibre républicain que les socialistes, tant au niveau de l'Etat qu'à celui des collectivités locales qu'ils gèrent, n'ont pas démontré jusqu'à présent, à l'exception de François Mitterrand.


Certes, contraints par l'exemple, ils ont déjà laissé à un sénateur de l'opposition la présidence de la commission des finances de la Haute Assemblée.
Espérons - et je suis assez confiant sur ce point - que Monsieur Hollande, par tempérament et par calcul, aura l'élégance et la sagesse de suivre l'exemple de son prédécesseur pour ce qui est du souci de permettre l'émergence de contre-pouvoirs.

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posté le mardi 08 mai 2012

Dans les forêts de Sibérie...

 

Un long voyage pour y aller, puis une immobilité de six mois au bord de l'immense lac Baïkal.

Sylvain (le bien nommé) Tesson écrit un journal magnifique.

Pas d'effet de style, pas de descriptions arrangées, pas même de leçons de morale.

Le bonheur épicurien du temps qui passe, des saisons qui se succèdent, de la glace qui fond peu à peu, entre février et juillet.

Un solitude peuplée de riens qui font le bonheur de vivre, pas de prêchi-prêcha écolo - cela change ! - un peu trop de vodka et, fumés avec délice, d'excellents havanes.

 

Couper du bois, partir reconnaître les environs, faire des trous dans la glace pour y pécher son repas et regarder, écouter, sentir.

De temps en temps cette solitude bienheureuse - je repense à Alexandre incarné par Noiret au cinéma - est interrompue par un visiteur inattendu et non souhaité, un russe généralement alcoolique qui arrive, émet quelques aphorismes et repart dans le vent glacé.

SylvainTesson a du style. Pas un style apprêté, mais celui que donne la vie vécue telle quelle, sans écran idéologique, moral ou métaphysique.

Il ne démontre rien, ne conteste rien, il tient un journal vrai.

Lisez Dans les Forêts de Sibérie, mais pour cela prenez votre temps, exigez le silence autour de vous .

C'est un luxe par les temps qui courent.

 


 
 
 

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