Le journal de Frank THOMAS

Libre parole d'un citoyen.

posté le vendredi 26 mai 2017

Le donneur de leçon pris la main dans le sac.

Le tout nouveau gouvernement est fort embarrassé par les révélations du Canard Enchaîné concernant le secrétaire général de En Marche, nommé ministre par Emmanuel Macron.

 

 

     Comme dans l'affaire Fillon, la question n'est pas de savoir si ses pratiques ont été légales ou pas, mais si elles étaient morales.
Glissons sur l'emploi par Monsieur Ferrand de son fils comme attaché parlementaire.

 

     Beaucoup plus grave, car il y a enrichissement personnel, me semble le fait d'avoir loué, en tant que directeur des Mutuelles de Bretagne, un local dont son épouse était propriétaire, lui permettant ainsi de l'acquérir sans bourse délier.
L'argument de l'économie prétendument réalisée (d'ailleurs douteux vu que le loyer annuel de 42.000 euros est largement au dessus du marché brestois) ajoute l'hypocrisie à l'esprit de lucre puisque la position de Madame Ferrand lui permettait d'ajuster le prix du loyer en fonction de celui des autres, qu'elle était bien placée pour connaître.
Mais ce loyer eût-il été réellement plus bas, le député Ferrand aurait dû à l'évidence dissuader sa femme de participer à l'appel d'offres.


     La morale, en effet, ne saurait se limiter à faire tout ce qui n'est pas illégal.

 

 

 

Cette lamentable affaire tombe évidemment au plus mal pour Monsieur Macron, dont Richard Ferrand est très proche, qui a martelé tout au long de la campagne sa détermination à moraliser la vie politique et qui s'est même allié à François Bayrou pour mener à bien cette tâche.
J'ajoute que le cas de Monsieur Ferrand, comme naguère celui de François Fillon, est aggravé, me semble-t-il, par les leçons qu'il prétend donner aux autres.

 

Rien n'est moins ragoûtant en effet que l'ancienne prostituée qui se fait dame d'oeuvre.

 


 
 
posté le vendredi 26 mai 2017

La "bonne" idée de Marlène Schiappa.

Marlène Schiappa, animatrice du blog "Maman travaille" a été nommée secrétaire d'Etat à l'Egalité entre les hommes et les femmes. 

 

 

 

 

     Ce qui devrait relever du bon sens et de la vigilance de chaque département ministériel comme de chaque citoyen, fait donc l'objet d'un secrétariat d'Etat spécifique.  Sa mission, si l'on comprend bien, doit être de traquer les cas d'inégalité de traitement, notamment salariaux, dont sont victimes les femmes de France. Vaste sujet.

 

     Au pays de Jeanne d'Arc, de Marie de France,  de Catherine de Médicis, de Madame de La Fayette, de Madame de Sévigné, de Madame Roland, d'Olympe de Gouge, de Madame Vigée-Lebrun, de George Sand, de Marie Curie, de Coco Chanel, de Simone de Beauvoir...on ne devrait plus ressentir la nécessité d'organiser au niveau gouvernemental une égalité qui va de soi.

 

     Force est de constater, cependant, que beaucoup reste à faire pour que les mentalités et les pratiques, dans les famillles, les entreprises et les collectivités soient débarrassées du sexisme venu du fond des âges et entretenu par d'étroites conceptions, religieuses notamment.

Il faut s'aveugler volontairement pour ne pas voir que les intégristes extrêmistes diffusent dans toute la société leurs conceptions violemment anti-féministes et prônent des pratiques d'un autre âge. Le problème est d'ailleurs sensiblement le même pour la haine des juifs ou des homosexuels qui, par ce biais, fait un dangereux retour dans notre pays.

 

     Cependant, la nécessaire vigilance qui s'impose pour que la France ne régresse pas dans un domaine où elle est historiquement exemplaire, n'implique sûrement pas les excès auxquels semble vouloir se livrer la nouvelle secrétaire d'Etat.

Lorsque celle-ci, en effet, envisage de verbaliser et de judiciariser les injures sexistes, elle monte une sorte d'usine à gaz qui n'a aucune chance d'être d'une quelconque efficacité.

Comment la police peut-elle faire pratiquement pour exécuter ces directives ? Qui sera assez imprudent pour se livrer à des violences verbales sexistes en présence d'un policier ou d'un gendarme ? Le hasard seul permettra d'appréhender quelques contrevenants, ce qui est à la fois inefficace et ridicule.

 

     On ne peut qu'espérer que Madame Shiappa, échappant à une politique tournée vers la propagande publicitaire dont je crains fort qu'elle soit la marque de fabrique de cette présidence, mettra son énergie à des projets un peu plus sérieux et positifs. 

  

 


 
 
posté le mercredi 24 mai 2017

Attendons pour voir.

Aucune garantie absolue contre ces fous de Dieu qui viennent, une foi de plus, de faire couler le sang..

 

 

      Certains commentateurs politiques mal intentionnés ont profité de l'ignoble attentat de Manchester pour mettre en doute la volonté du nouveau président de la République et du gouvernement de lutter contre le fanatisme islamique criminel.

Quels que soient les doutes que je nourris à l'égard de ces nouvelles autorités politiques, je considère que c'est leur faire un mauvais procès d'intention que de profiter de ce drame pour critiquer à l'avance une action politique dont nous n'avons encore rien vu, sinon quelques images de pure communication.

Comme beaucoup, je suis persuadé qu'on n'empêchera jamais totalement des crimes tels que celui que vient de subir la Grande Bretagne. 

 

 

      Mais il existe quelques pistes, tout de même, que ce gouvernement, on peut toujours l'espérer, décidera peut-être de suivre :

    - restaurer de véritables contrôles aux frontières;

    - fermer les mosquées propagandistes et chasser leurs imams;

    - exiger sous peine de condamnation et de privation d'aides publiques pour non dénonciation de crime, que les familles, les proches, ou toute personne ayant des raisons sérieuses contre un individu, le dénonce aux autorités;

    - reléguer dans une de nos îles lointaines les individus fichés se rendant coupables de menaces ou d'actes clairement anti-français, antisémites, homophobes ou sexistes.

Attendons pour voir. 

 


Commentaires

 

1. Johnmarcel  le 25-05-2017 à 04:40:32  (site)

https://www.france.tv/france-5/c-dans-l-air/144861-emission-du-mercredi-24-mai-2017.html
Vous devriez trouver cette émission intéressante...

 
 
 
posté le dimanche 21 mai 2017

Deux vers de La Fontaine

 

 

Je suis oiseau, voyez mes ailes...

Je suis souris, vivent les rats. 

 

La chauve-souris et les deux belettes

 


Commentaires

 

1. anaflore  le 22-05-2017 à 07:57:23  (site)

bravo pour la photo du jour bonne semaine

2. asdepic  le 22-05-2017 à 14:01:31  (site)

bravo pour la photo du jour bonne journe

3. Manounou  le 22-05-2017 à 17:18:10  (site)

Félicitation pour la photo du jour.
C'est une belle chauve-souris frugivore dans mon pays natal on les appelle des "roussettes".
!

 
 
 
posté le samedi 20 mai 2017

Retour vers le passé (5) L'indispensable alternance.

L'incontestable réussite médiatique du nouveau président et de ce gouvernement composite cache, aux yeux de certains, une question qui me semble majeure : celle de l'alternance sans laquelle nous ne serions plus en démocratie.

 

 

      Que l'alternance partisane droite/gauche ait atteint ses limites, chaque camp étant divisé au point que son aile droite est plus compatible avec l'aile gauche de son concurrent qu'avec les autres membres du même parti, est une évidence. L'actuelle recomposition est fondée sur cette vérité.

Reste que ce gouvernement et ce président à la fois de droite et de gauche, comme ils se définissent eux-mêmes, devront bien un jour être remplacés à moins qu'ils ne rêvent, à l'instar de Laetitia Ramolino qui allait répétant  pourvou qué ça douré !, d'un pouvoir éternellement entre les mêmes mains; les leurs.


      Quelle pourra être cette nécessaire alternance si le choix ne se fait plus entre la droite et la gauche ?
Entre les euro-sceptiques et les autres ? Entre les climato-sceptiques et les autres ? Entre les Verts et les Bleus, comme à l'époque de l'empire Romain ?
Quoi qu'il en soit, c'est un cauchemar pour un citoyen républicain, de se dire qu'il n'y a plus d'issue entre ce que l'on a et le chaos.


      De Gaulle nous a fait le coup en 1965. On connaît la suite. Une fois suffit.

 


Commentaires

 

1. Florentin  le 20-05-2017 à 16:35:35  (site)

Développement mathématique irréfutable !

 
 
 
posté le jeudi 18 mai 2017

L'insupportable Monsieur Hulot.

Créature des medias et, à l'instar du commandant Cousteau naguère, omniprésente vedette de son émission fétiche "Ushuaïa", Nicolas Hulot, après de nombreux refus généreusement mis en scène, a fini par accepter de devenir ministre.

 

 

      Ayant fricoté avec tous les présidents de la République depuis Jacques Chirac, Nicolas Hulot, avec Yann Arthus Bertrand, représente à peu près tout ce qui me paraît l'essence même de notre civilisation de l'image et de la communication politico-commerciale sous le masque de l'humanisme bêlant.

Voici donc cet homme qui jamais n'a passé l'épreuve du suffrage universel, pur produit de la télévision et des cercles influents de l'économie et de la politique, propulsé ministre d'Etat. C'est un honneur disproportionné et exorbitant que lui fait un président issu des mêmes milieux et lui même vierge de tout parcours républicain. 

Il faut dire qu'à l'instar d'Emmanuel Macron qui nomme son parti à partir des initiales de son nom, Nicolas Hulot, avant lui, révélant une même mégalomanie, avait intitulé son association Fondation pour la Nature et l'Humanité, FNH, ou Fondation Nicolas Hulot... 

 

      Que son premier ministre, monsieur Philippe, ait été l'employé d'Areva, c'est à dire de l'industrie nucléaire qu'il pourfend depuis si longtemps, ne semble pas lui poser de problème.

C'est que l'occasion est trop belle de prendre sa revanche sur ses lamentables échecs au sein des Verts.

Nicolas Hulot - conviction sincère ou posture publicitaire - est un intégriste inquiétant pour qui l'écologie est une religion millénariste et dont les préceptes dignes d'un grand inquisiteur nous préparent, si par malheur il les mettait en oeuvre, une société étouffante et littéralement invivable.

 

      J'ai mis en lien à ce billet les articles que je lui ai consacrés depuis quelques années et qui tentent de mettre en garde contre les dangers que porte, à mes yeux, ce personnage de comédie. 

 


Commentaires

 

1. Florentin  le 18-05-2017 à 15:05:53  (site)

Il n'aura pas été inutile. Dans la mesure où il aura été un vecteur tout de même important des idées écologiques. Mais, je suis d'accord avec vous. Je n'aime pas sa posture. C'est effectivement un véritable personnage de comédie. Florentin...

2. Frank-Marie-THOMAS  le 19-05-2017 à 07:26:46  (site)

Florentin

C'est vrai qu'il a contribué à populariser ces questions.
Mais son fanatisme, son jusqu'auboutisme et la vision sombre et millénariste qu'il se fait de l'avenir de l'humanité le conduit à des conclusions effrayantes.
Si par malheur le gouvernement devait le suivre dans toutes ses lubies, la vie deviendrait vite intolérable dans notre pays.
Mais j'espère qu'il se heurtera au bon sens de nos concitoyens qui, comme le disait Pompidou, "en ont assez qu'on les emmerde".
On ne s'est pas débarrassé de l'emprise étouffante de l'Eglise pour tomber sous celle des fanatiques verts.

 
 
 
posté le mercredi 17 mai 2017

Retour vers le passé (4)

Très loin de l'enthousiasme que nous vendent les médias depuis dix jours, je ressens depuis deux semaines un profond malaise dont je viens seulement de trouver la raison.

 

 

       C'est que je crains que cette alliance des contraires au sein du même exécutif ne conduise à une impasse. Le parti unique n'a jamais donné de bons résultats ni laissé de bons souvenirs.

Non que les hommes et les femmes qui vont être désignés soient indignes d'exercer ces hautes fonctions, ni même qu'ils n'aient la véritable volonté de bien faire, mais parce que je ne crois pas que la République puisse se passer d'une opposition gouvernementale.


     Si l'alternance n'est plus possible parce que tout le monde est à la barre - que cette alternance ait lieu sur l'engagement à droite ou a à gauche ou sur d'autres critères - nous ne sommes plus tout à fait en république.
En cas de rejet par le peuple de ce gouvernement monocolore censé intégrer les différences, le choix ne pourra plus se porter que sur les extrêmes. Bien entendu c'est en jouant sur cette perspective inquiétante que le gouvernement "d'union" se maintiendra. Mais la rupture, un jour ou l'autre, sera inévitable.


         Il est donc indispensable que s'organise une ou des oppositions crédibles, donc que les gens de conviction, tout en respectant le gouvernement qui se met en place, ne cèdent pas aux sirènes de Messieurs Macron et Philippe, pour maintenir vivant l'espoir d'un changement.(*)

 

(*) Je suis heureux que mon avis rejoigne celui d'Antoine Rufenacht, ancien maire du Havre et mentor en politique d'Edouard Philippe. Ce dernier, rendant hommage à son aîné il y a deux jours, s'est bien gardé d'évoquer cette mise en garde :

(Pour visionner cette video, noircir toute l'adresse http, la copier et la positionner dans la fenêtre de votre navigateur.)

 

  http://www.lci.fr/elections/je-lui-ai-deconseille-de-devenir-premier-ministre-de-macron-l-ex-maire-lr-du-havre-antoine-rufenacht-mentor-d-edouard-philippe-regrette-l-erreur-politique-de-son-entree-a-matignon-2052276.html?type=content&share=true

 

 

 


 
 
posté le mardi 16 mai 2017

Une chanson de circonstance.

 

 

 

 

 

 

 

« L'opportuniste »
Jacques Dutronc

 

 

 

 

Je suis pour le communisme
Je suis pour le socialisme
Et pour le capitalisme
Parce que je suis opportuniste

Il y en a qui contestent
Qui revendiquent et qui protestent
Moi je ne fais qu’un seul geste
Je retourne ma veste, je retourne ma veste
Toujours du bon côté

Je n’ai pas peur des profiteurs
Ni même des agitateurs
J’fais confiance aux électeurs
Et j’en profite pour faire mon beurre

Il y en a qui contestent
Qui revendiquent et qui protestent
Moi je ne fais qu’un seul geste
Je retourne ma veste, je retourne ma veste
Toujours du bon côté

Je suis de tous les partis
Je suis de toutes les partys
Je suis de toutes les coteries
Je suis le roi des convertis

Il y en a qui contestent
Qui revendiquent et qui protestent
Moi je ne fais qu’un seul geste
Je retourne ma veste, je retourne ma veste
Toujours du bon côté

Je crie "vive la révolution"
Je crie "vive les institutions"
Je crie "vive les manifestations"
Je crie "vive la collaboration"

Non jamais je ne conteste
Ni revendique ni ne proteste
Je ne sais faire qu’un seul geste
Celui de retourner ma veste, de retourner ma veste
Toujours du bon côté

Je l’ai tellement retournée
Qu’ell’ craqu’ de tous côtés
A la prochain’ révolution
Je retourn’ mon pantalon
 


Commentaires

 

1. asdepic  le 16-05-2017 à 22:04:24  (site)

belle chanson d'actualité bonne nuit

 
 
 
posté le mardi 16 mai 2017

Monsieur Philippe existe : il est premier ministre.

Le cardinal de Retz à qui l'on annonçait le décès d'un gentilhomme

eut ce mot cruel : "j'apprends en même temps son existence et sa mort !".
La plupart des Français, hormis les Havrais,

apprennent en même temps l'existence de Monsieur Philippe

et son appartenance aux Républicains.
La surprise en est d'autant atténuée.

 


 
 
posté le lundi 15 mai 2017

Macron "jupitérien".

 Un commentateur des cérémonies d'hier, tout en nuances, s'écrie : " c'est Jupiter dans une quotidienneté tranquille !" On nous répète aussi à l'envi cette inepte formule : "il est le maître des horloges".

 

 

      Qu'on ait pu être subjugué par le "sans fautes" de la cérémonie de passation des pouvoirs - dont on nous rebat les oreilles depuis 24 heures - peut à la rigueur s'entendre.(*)

Encore que je ne voie pas très bien quelle faute, quelle incongruité aurait pu être commise, à moins que notre jeune président perde tout à coup la tête, qu'il grimpe à un arbre du parc comme le regretté Paul Deschanel, qu'il lâche un bruit incongru devant le président du Conseil Constitutionnel, qu'il fasse un bras d'honneur à la foule, d'ailleurs clairsemée, ou qu'à l'instar de son parrain en politique, il lui tourne les talons sur le perron de l'Elysée sans le raccompagner à sa voiture.

 

      Mais "Jupiter" ! Du calme ! Il faudrait  garder quelques superlatifs pour la suite, ou bien elle paraîtra bien fade.


 

L'enlèvement de Ganymède. Terre cuite du Ve siècle avant JC. 

 

 

Et puis ne perdons pas de vue que Jupiter n'est pas seulement le maître de la foudre et le roi des dieux. Il est aussi, dans sa "quotidienneté tranquille" un mari irascible, un impénitent adultère, un adepte du détournement de mineurs, un praticien assidu du passe-droit et de l'injustice.

 

      Pour ma part je me contenterai de souhaiter que Monsieur Macron après avoir bien fait le président, en devienne un, honorable.

 

(*) Cependant, imaginons un instant Marine Le Pen, nouvelle présidente de la République, remontant les Champs Elysées à bord d'un command car...Le tollé ! 

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Petit, mesquin et aigre.
 


 
 
posté le dimanche 14 mai 2017

L'islam vu par Onfray.

 

 

Le Livre de Poche réédite le petit brûlot de Michel Onfray, Penser l'Islam, paru chez Grasset en 2016. 

 

 

En 180 pages écrites en une langue à la fois claire et fermement structurée, rythmée par le balancement de sa pensée binaire - dans la tradition des moralistes du XVIIe siècle -  le philosophe passe en revue la question de l'islam en France et dans le monde.

Avant d'émettre une opinion sur cet ouvrage, négative le plus souvent, comme l'ont fait tant de journalistes à peu près incultes et répétant jusqu'à l'ivresse le catéchisme en cours, il aurait fallu prendre la peine - qui n'en est d'ailleurs pas une - de lire attentivement cet opuscule, et sans a priori, ce qui est beaucoup leur demander.

 

L'athée qu'est Onfray met en lumière les contradictions du texte coranique, comme il le fait aussi avec celles de l'ancien et du Nouveau Testament.

Il montre que si nombre de sourates vont dans le sens de la miséricorde et de l'amour du genre humain, d'aussi nombreuses, en revanche, appellent à la haine, à la mutilation et au meurtre des "infidèles".

C'est en vain que certains traducteurs se sont efforcé d'édulcorer le texte pour le rendre compatible avec les valeurs de notre morale contemporaine : ils trahissent le texte.

 

Onfray montre que selon qu'on considère le Coran comme un texte écrit par des hommes ou au contraire comme la parole de Dieu lui-même, les conséquences qu'on en tire vont de la paix à la guerre.

Ecrit après les attentats contre Charlie Hebdo et les massacres du 13 novembre au Bataclan et aux terrasses des cafés parisiens,  le texte de Michel Onfray s'écarte résolument du consensus bêlant du Je suis Charlie.

Selon lui les commémorations, les minutes de silence, les accumulations de fleurs et de peluches sont le signe d'un aveuglement volontaire et du refus de nommer clairement le mal.

Toutes ces manifestations moutonnières interdisent au penseur d'émettre une opinion qui s'écarte tant soit peu du catéchisme : "l'exercice de la pensée, déjà, est mort sous les balles de cette guerre", écrit Onfray.

 

L'islam radical nous fait la guerre, dit-il, parce que nous avons fait et nous faisons la guerre à des pays - l'Irak, la Lybie, la Syrie - dont les régimes et les dirigeants choquent nos idéaux démocratiques. Ces guerres prétendûment morales, mais bien souvent inspirées par des considérations plus économiques qu'éthiques (tout comme Jules Ferry, en son temps, justifiait les conquêtes coloniales par la mission civilisatrice de la République), sont la cause évidente des violences atroces que nos subissons.

Pour Onfray il est mensonger d'affirmer, comme le fait le concert unanime des journalistes et des "penseurs", que la France est attaquée pour ce qu'elle est et non pour ce qu'elle fait.

Si tel était le cas, si ce que les fous de Dieu ne supportaient pas chez nous était notre liberté, notre hédonisme, les petits pastis au  bistrot, les jupes légères et le maquillage de nos femmes, etc., pourquoi donc certains pays qui eux aussi sont libres, boivent du pastis et se maquillent ne sont pas frappés par des attentats ? C'est, répond-il, qu'ils ne font pas la guerre dans des pays musulmans. 

 

Sa réflexion ne fait pas l'impasse sur la délicate question de la nécessaire adaptation, selon lui, de la loi de 1905 dont le déséquilibre en défaveur de l'islam est cause des tensions que connaît notre société laïque.

On peut être en désaccord avec Onfray; on peut être froissé par la rigueur parfois glaciale de ses aphorismes, mais on ne peut pas dénier à sa pensée la cohérence et la conviction. 

 

 

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"Crétin !"
 


Commentaires

 

1. johnmarcel  le 14-05-2017 à 19:50:48  (site)

J'ai vu l'Islam en Indonésie où cette religion est majoritaire. J'ai vu la petite église de quartier tout près de la petite mosquée du même quartier. En face de la mosquée Istiqlal de Jakarta on a la cathédrale Sainte-Marie à cinq minutes à pied. J'ai vu un homme qui allait à la prière du matin, en sarong et t-shirt estampillé d'un cœur du Christ. Il m'a dit que ça ne dérangeait personne qu'il aille ainsi à la mosquée.
Tout n'est pas parfait (il y a eu des attentats et tentatives d'attentats des djihadistes) mais ça ne se passe pas trop mal entre les différentes religions.
La constitution de la République d'Indonésie permet de célébrer Dieu selon sa religion.
Si on est athée il ne faut pas le dire par contre !

2. Frank-Marie-THOMAS  le 14-05-2017 à 20:22:24  (site)

@johnmarcel

Ce que vous décrivez, je l'ai connu aussi à la Réunion où, durant les six années que j'y ai passé, j'ai vu une harmonieuse cohabitation entre tous les cultes.
Mais l'islam qu'étudie Onfray est intégriste et, partant, incompatible avec la sérénité de la vie démocratique.

 
 
 
posté le dimanche 14 mai 2017

L'animal est une valise !

On s'est réjoui de ce que la Chambre des députés, grâce à l'action d'associations de défense des animaux, singulièrement de Trente Millions d'Amis (en lien sur ce blog), ait récemment voté un amendement en faveur des animaux.

 

 

De fait, l'Assemblée Nationale a retenu, pour les animaux, la qualification "d'êtres vivants doués de sensibilité". Jusque là les amis des bêtes, dont je suis, ont lieu d'être satisfaits puisque cet amendement consolide la législation en faveur des animaux.

 

Mais comme toujours, avant de crier victoire, il faut examiner les choses dans les détails où, dit-on, se cache le diable.

Or il s'avère que cet amendement de simple bon sens n'entraîne strictement aucune modification du droit de l'animal, puisque celui-ci est toujours considéré comme un "bien".

Jean Glavany, qui s'est investi dans ce dossier, explique que les députés ne pouvaient aller plus loin sous peine d'entraîner des conséquences sans fin, et de se mettre à dos les chasseurs, les partisans de la corrida, les éleveurs, etc.

L'amendement de la Chambre constitue donc une évolution législative purement symbolique puisque selon le "nouveau statut" de l'animal celui-ci est maintenu dans la catégorie du Code Civil qui traite des "biens".

 

 

Un exemple de ce qu'entraîne cette qualification inadmissible : si une compagnie aérienne perd l'animal que vous lui avez confié pour être transporté en soute, vous n'avez droit à aucun préjudice moral, et votre chat ou votre chien étant un simple "bien", vous percevez une indemnisation proportionnele au poids de la "chose", comme s'il s'agissait d'une valise ! 

 

 


 
 
posté le samedi 13 mai 2017

Retour vers le passé (3)

On s'étonnera peut-être du titre que je donne à cette rubrique provisoire : "retour vers le passé", alors que le concert quasi unanime des medias vante la nouveauté extraordinaire de la période que nous sommes en train de vivre.

 

 

C'est que le moins que je puisse dire est que je ne suis pas grisé par ce parfum artificiel d'innovation qu'on vaporise à nos narines. Il aurait même tendance à m'écoeurer un peu.

Jour après jour la préparation chaotique des élections législatives par le mouvement du nouveau président de la République laisse apparaître que sous le vernis du renouvellement des hommes et des méthodes, se cache la politicaillerie la plus traditionnelle.

 

Outre que le renouvellement des têtes est une conséquence non de la volonté vertueuse de Monsieur Macron, mais de la loi sur le non cumul des mandats qui touche tous les partis, on assiste plus à une valse des egos et des petites ambitions qu'à un renouveau profond et sincère des moeurs politiques.

 

Le pas de deux entre Messieurs Macron et Bayrou, le traitement de faveur réservé à  Manuel Valls et à certains sortants de poids, l'éviction de Gaspar Gantzer, conseiller en communication de Hollande et camarade de promotion de'Emmanuel Macron à l'ENA, sont autant de signes que la cuisine politicienne fait chauffer ses fourneaux. 

 

On apprend aussi que la fille de l'épouse de Monsieur Macron, Tiphaine Auzière, sera suppléante du candidat de "En Marche" dans la circonscription de Montreuil sur Mer dans le Pas de Calais.

C'est un peu comme si une famille commençait à s'installer au pouvoir en prévision des années futures. Copinage et népotisme.

Imaginons un moment, en effet, que le candidat, Thibaut Guilluy, dont Madame Auzière, belle-fille du président est la suppléante, soit élu député et, dans un avenir plus ou moins proche, nommé au gouvernement. La belle-fille de Monsieur Macron se retrouverait alors immédiatement député.

Ce n'est certes qu'une hypothèse, mais qui oserait dire, les choses allant du train que nous voyons, que cela n'arrivera pas ?

 

Petite cuisine électorale, arrangements entre amis, favoritisme familial : je ne vois rien dans tout cela qui soit la marque du changement profond et de la moralisation radicale qu'on nous promet. (Sans doute à suivre).

 

 


Commentaires

 

1. Decapedepee  le 13-05-2017 à 09:36:52

Merci pour cet analyse lucide de la situation.
En résumé, s agirait-il d une vaste tromperie?
On nous explique qu il faut être indulgent. Qu il s agit d une petite PME et qu il convient d être indulgent.
On nous dit aussi que les sondages demontreraient un voeu grandissant des français de voir une majorité REM à l assemblée nationale.
Encore de l intox sans doute.

Dans la renovation (ou la "Restauration" pour remonter a une époque moins récente), ce n'est pas parce qu on prend du neuf qu on ne fait pas du vieux.

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2. Frank-Marie-THOMAS  le 13-05-2017 à 10:08:55  (site)

@Decapedepee

Le soir même de la proclamation des noms des 428 candidats de "En Marche", BFMTV et l'institut de sondage Elabe annonçait que l'immense majorité des électeurs étaient satisfaits de ces choix. Un sondage sérieux, assurément !

3. fugace  le 13-05-2017 à 16:30:28

Bonjour,

Avec REM, c'est la contamination assurée.
Attention cependant à une exposition trop longue devant les écrans TV.
On connaît la dose acceptable d'irradiation politique, on connaît aussi les dégâts lorsque la dose est dépassée. Nous y sommes, et les résultats prochains des législatives devraient être riches d'enseignements une nouvelle fois.
Les plus sereins (sereines), demeureront celles et ceux qui auront anticipé, en réduisant leur temps d'exposition à la propagande. Donc en s'éloignant des écrans et en prenant de la distance avec le nouvel endoctrinement à la mode.

4. Frank-Marie-THOMAS  le 13-05-2017 à 16:34:48  (site)

@fugace

Vous m'ôtez les mots de la bouche.
Comme vous je suis convaincu que les téléspectateurs sont en train de subir une overdose de Macron : la jeunesse de Macron, les amours de Macron, la carrière de Macron, les discours de Macron, etc. Gare au réveil.

 
 
 
posté le vendredi 12 mai 2017

L'Eglise est "en marche".

 

L'Eglise aussi est "en marche" !

 

Le pape François Ier, toujours aussi moderne et novateur, vient de canoniser deux des trois bergers à qui la Sainte Vierge est censée être apparue à six reprises en 1917, il y a tout juste un siècle.

Francisco et Jacinta Marto avaient alors respectivement 9 et 7 ans.

Les voici eux aussi "en marche"... vers le paradis.

 

 


Commentaires

 

1. Decapedepee  le 13-05-2017 à 09:40:04

EM, emporté par la foule, a du voir la Vierge?

Amen

Pape

2. fugace  le 13-05-2017 à 16:43:32

Bonjour,
Le pape fait donc son boulot de berger en quelque sorte.
Rassembler le troupeau, avec ou sans bâton, çà reste toujours difficile.
Alors il utilise les bonnes anciennes recettes qui font recette aussi.

 
 
 
posté le vendredi 12 mai 2017

Retour vers le passé (2)

Oui, décidément, retour vers le passé.

Le président élu va un peu trop vite en besogne, ébloui par les rayons de sa bonne étoile et gagné par l'ivresse des sommets. Coup sur coup la dure réalité vient se rappeler à lui et entraver sa marche triomphale vers le pouvoir absolu dont il rêve.

 

L'ondoyant et melliflu Xavier Bertrand, président de la Région des Hauts de France et membre influent des Républicains, vient de repousser l'offre du poste de premier ministre qu'on lui a maladroitement présentée. En effet, persuadé que sa proposition ne pouvait être repoussée, Emmanuel Macron n'avait même pas pris la peine de la lui présenter lui-même.

Ce détail, d'ailleurs, en dit long sur la manière dont ce Monsieur s'apprête à gouverner. L'amour propre blessé de Monsieur Bertrand et plus encore sans doute la crainte de se fourvoyer dans une aventure sans issue qui obérerait ses ambitions à long terme, l'ont conduit à ce refus humiliant pour le nouveau souverain qui trébuche pour la première fois.

 

Dans la même journée, autre déconvenue :  voici que François Bayrou, dont le ralliement a tant fait pour l'élection de Macron, se met à chipoter.

Selon lui le MODEM qu'il préside est mal servi dans la distribution des circonscriptions législatives qui est en train de se concocter dans les coulisses.

Son indépendance étant ce qu'elle est, et la rigidité de son caractère aussi, on comprend aisément que Monsieur Macron et ses amis n'aient pas envie de lui permettre de diriger un groupe parlementaire qui pourrait très vite s'avérer incontrôlable.


Les 577 candidats de R.E.M. devaient être dévoilés hier. Seuls 428 l'ont été. Les 149  circonscriptions restantes - une paille !-  font l'objet d'âpres marchandages qui jettent un jour un peu glauque sur l'aube qui est censée se lever sous nos yeux admiratifs. Si les volontaires de droite sont insuffisamment nombreux, comme il semble que ce soit le cas,  R.E.M. se contentera de ne pas opposer de candidats aux sortants L.R. ou U.D.I.

Dans le même temps, il s'agit maintenant pour Macron de débaucher à tout prix un futur premier ministre de droite afin de dynamiter celle-ci.

C'est le coup de feu dans l'arrière-cuisine.

Tous les acteurs de la crise à venir sont déjà en marche

 

 


Commentaires

 

1. fugace  le 13-05-2017 à 16:52:23

Bonjour,
"Tous les acteurs de la crise à venir sont déjà en marche. "
C'est bien le but, renverser la table sans guerre civile, mais suffisamment pour que le chaos produit produise les effets recherchés et néanmoins maitrisés.
Vous allez voir ce que vous allez voir ! : Je n'ai pratiquement rien dans mon frigo, mais avec ça, je vais faire des merveilles.
L'ordre ne naît-il pas du chaos ?

 
 
 
posté le jeudi 11 mai 2017

Retour vers le passé ?

On entend ici et là des commentateurs qui nous avertissent qu'un retour vers les"pratiques" de la Quatrième République est un danger qui, dans le bouleversement actuel de la vie politique, guette la France.

 

 

Je commencerai en disant que c'est faire injure à la 4e que de la présenter comme un mal absolu, une menace redoutable.

En 12 ans d'existence, entre 1946 et 1958 - période très courte - les gouvernements qui se sont succédé ont accompli une immense oeuvre de remise en ordre et de reconstruction du pays, gravement abîmé par quatre années d'occupation nazie.

Ponts, ports, logements, routes, infrastructures économiques, production minière, tout était à refaire; tout a été refait.

 

Il est vrai que ces douze années ont connu un  nombre très élevé de gouvernements dont certains n'ont duré que quelques jours. Mais la permanence du personnel politique à travers ces aleas, le solide tissu des communes et des départements et la compétence de l'Administration française ont permis une continuité de l'action qui a remis notre pays sur les rails.

Bien sûr la violente décolonisation de l'Extrême Orient français, et le conflit algérien ont été de douloureuses épines durant ces années d'après-guerre.

 

 

Mais il faut la grande mauvaise foi de la propagande gaulliste (qui a si bien fonctionné qu'elle dure encore aujourd'hui) pour refuser d'admettre que la fameuse instabilité minstérielle - qui est une indéniable réalité - était en grande partie due à l'alliance objective entre le parti du général de Gaulle, le RPF, et les communistes qui régulièrement se sont coalisés pour faire tomber les cabinets de centre gauche ou de centre droit.

On avait beau jeu, après cela, de dénoncer la valse des gouvernements ! 

 

 

 

 

 

La 4e était une vraie république, réellement démocratique, où le Parlement jouait pleinement son rôle. Elle avait ses faiblesses, bien sûr, comme tous les régimes.

Depuis bientôt soixante ans les Français se sont habitués à un système césarien dont le rouage essentiel n'est plus à la Chambre et au Sénat, mais dans les couloirs de l'Elysée, comme sous Napoléon III.

 

En ce qui me concerne, au vu des premiers pas de Monsieur Macron, de l'incroyable personnification de son action et du démantèlement calculé des structures partisanes, je suis inquiet. Car celles-ci, quoi qu'on dise, assurent la vitalité de la démocratie et garantissent contre les dérives du pouvoir personnel.

Les investitures, accordées aux amis ou refusées aux autres par le maître lui-même, sans tenir compte de l'implantation locale des élus sortants qui garantit tout de même un assentiment populaire, sont le signe d'une dérive bonapartiste.(*)

Dans ces conditions, ma crainte est  que nous nous dirigions vers un régime qui allie les inconvénients de l'instabilité politique de la 4e et la dérive autoritariste de la 5e.

 

Je souhaite bien sûr ardemment, pour la France, que l'avenir dissipe cette crainte. 

 

(*) L'édifiant cas de M. Valls :

 

A Evry, ville dont il fut longtemps l'élu, Manuel Valls a cherché à obtenir l'investirure de République En Marche (R.E.M.). Il ne l'a pas obtenue, comme on pouvait s'y attendre étant donnés les détestables rapports qu'il entretenait avec M.Macron quand celui-ci était ministre de son gouvernement.

Toute honte bue, Valls a tout de même frappé à nouveau à la porte de R.E.M. tant il tient à siéger à l'Assemblée, soi disant pour y soutenir le futur gouvernement, mais plus probablement dans la perspective inavouée devenir à son tour un frondeur si les choses tournent mal pour le nouveau président.

La solution inventée par le parti de Macron est un modèle d'hypocrisie et de magouille politicarde : Valls n'aura pas le label R.E.M., mais se présentera  quand même avec la mention "majorité présidentielle" et ne se verra pas opposer de candidat R.E.M.

Il y a fort à parier que les 150 investitures qui restent encore à décider par R.E.M. offrent un bien réjouissant spectacle de tambouille électorale. 

Il a un bon fumet de vieille politique, le renouvellement macroniste !

 

 

 

 


Commentaires

 

1. Decapedepee  le 11-05-2017 à 20:53:41

Cette analyse de la situation actuelle recadre bien, dans l histoire de la République, l évolution qui se dessine.

Merci pour cet éclairage.

Finalement il arrive aussi à faire du vieux avec du neuf!

Un vrai fakir

Magicien

2. fugace  le 13-05-2017 à 16:58:55

Bonjour,
"Mais la permanence du personnel politique à travers ces aléas, le solide tissu des communes et des départements et la compétence de l'Administration française ont permis une continuité de l'action qui a remis notre pays sur les rails."

Notre trésor national est là et non dans les Ors de la République.
A défendre alors plus que jamais.

 
 
 
posté le mardi 09 mai 2017

Déjà !

La résolution était ferme et sans discussion : "En Marche"(E.M.), devenue depuis dimanche "La République en Marche"(R.E.M.)- autrement dit  Emmanuel Macron (E.M.) devenant "La République Emmanuel Macron(R.E.M.) - devait présenter un candidat  dans chacune des 577 circonscriptions législatives.

 

 

 

 

La promesse, flattant le désir de renouvellement  du personnel politique - et reprenant sur le mode mineur et assagi le fameux "dégagez-les !" de Jean-Luc Mélenchon réutilisé par Marine Le Pen - a reçu un accueil indiscutablement favorable dans l'électorat, lassé des visages vus et revus cent fois.

Enfin un grand coup de balai allait être donné; enfin des têtes nouvelles; enfin une vraie parité entre les hommes et les femmes; enfin la mort des appareils partisans et de leurs combines éculées ! 

Un grand souffle d'air frais et de jeunesse allait souffler sur la France, chassant les miasmes délétères du pessimisme, du cynisme et du défaitisme. 

 

Las ! l'aube  qu'on nous a promise et que Monsieur Macron s'est efforcé de faire briller à l'horizon à grands coups de portées de voix et de gestes pathétiques est plus brouillardeuse que prévu. Le beau rêve se dissipe aux premiers rayons du vrai jour.

 

Déjà, quarante huit heures après la victoire, on en est aux palinodies bredouillées par les uns et les autres, chargés par le patron de faire retomber la pression et d'en revenir aux dures réalités.

Il s'avère impossible - ce dont j'ai toujours été persuadé - de faire élire 290 députés nouveaux qui constitueraient la majorité absolue de la Chambre des Députés. 

Pour y parvenir il faudrait ou bien que tous les sortants acceptassent de se retirer et de soutenir le candidat de "la République en Marche", ce qui est une vue de l'esprit, ou bien qu'ils abandonnassent leur ancienne étiquette pour adopter la nouvelle. Dans les deux cas ils se verraient immédiatement opposer des candidats appartenant aux partis traditionnels et souvent plus connus qu'eux dans la circonscription.

 

Bref, l'opération du grand renouvellement de la Chambre est une gageure perdue d'avance. 

Du coup on vient de voir messieurs Delevoye et Ferrand, sectateurs enthousiastes du nouveau président, commencer à effectuer quelques entrechats pour nous expliquer que la nouveauté ne signifiait pas l'absence de toute implication dans la vie politique nationale ou locale...

Nouveaux, oui; mais sans implantation locale, non.

En d'autres termes, on ne change rien à ce qui s'est toujours pratiqué et on maquille les vieilles recettes en nouveautés pimpantes, sur le modèle de Macron lui-même, conseiller et ministre de Hollande, réussissant à se faire passer pour un poussin du jour. 

 

Les élections législatives seront une heure de vérité. Leur approche oblige les vainqueurs d'hier à renier leurs promesses.

Déjà ! 

 

 

Le 10 mai

 

Les indécentes circonlocutions de Manuel Valls, à gauche, et de Fabienne Keller, à droite, pour ne citer qu'eux, sont un début de démonstration de ce que je disais hier.

En fait de "renouvellement total de la vie politique", rengaine dont on nous scie les oreilles depuis quelques jours, il s'agit d'un ripolinage de la très vieille formule : "ôte-toi de là que je m'y mette !". 

 

 


Commentaires

 

1. Decapedepee  le 10-05-2017 à 21:54:47

Oui absolument et cela est encore bien triste!

Le chef de l État donnant le tempo, les uns après les autres mettent gaiement leurs principes, leur pudeur et leur fierté au fond de leur poche et le mouchoir par dessus - prêts à tout renier sans vergogne.

Mais le comble pour ces derniers est que, Macron ayant placé la balle au centre, nous nous retrouvons ainsi avec pratiquement deux fois plus candidats (de droite et de gauche) pour les mêmes places.

Le plus ennuyeux est que Macron a déjà promis des places - sans quoi personne ne l aurait soutenu...
Il doit donc aussi récompenser ses fidèles.

Tout cela nous promet pour bientôt une jolie foire d'empoigne, et la constitution d une coalition lors des élections législatives de juin.
Nous saurons alors quelles promesses pourront être tenues et lesquelles devront être oubliées.

Le joli projet échouera rapidement et les français en paieront encore les frais.

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posté le lundi 08 mai 2017

Du neuf avec du vieux.

donc, c'est TANT PIS ...

 

 

 

 

 

Juste une petite remarque tout de même.

La traversée de la cour du Louvre, château des rois de France, en redingote noire mitterrandienne, suivi par la silhouette de Mitterrand, d'un pas mitterrandien sur l'Hymne à la Joie de la 9e symphonie de Beethoven, comme Mitterrand au Panthéon... c'était, déjà en 81, d'une enflure assez grotesque; mais hier......

Quant à Mme Le Pen se tortillant sur le petit air entraînant de I love Rock n' Roll  pour fêter sa défaite... 

 


Commentaires

 

1. Decapedepee  le 08-05-2017 à 16:15:07

Les petits amis journalistes ont vite oublié le concours de circonstances qui a valu à Macron d être accidentellement élu, tout comme petite fraise l avait été en 2012 grâce à l affaire Strauss-Kahn, au rejet de Sarkozy et à la déclaration de Bayrou.

L affaire Fillon qui a mystérieusement éclaté à quelques semaines du premier tour, a provoqué le coup de Bayrou, la distance prise par Juppé et les aller-retours d élus républicains affolés, etc...tout ceci mettant Le Pen au second tour.

Aujourd'hui on explique aux français que c est une recomposition politique qu ils ont souhaité sans le savoir.
On enterre la droite et la gauche, et on tente de préparer les législatives en faveur de Macron au motif que droite et gauche ce serait un clivage complètement dépassé hiiinn! Bin voyons...

Qui peut croire que les médias sont impartiaux ? Hhh hhhhhh

Concernant sa déambulation ratée dans la cour pavée :

Macron n a marché que sur les tapis et moquettes des salons feutres des banques.

En effet, lorsqu on marche dans la rue et sur les pavés, on équipe les semelles en cuir de ses souliers, ou de ses babouches, de patins antidérapants.

Les semelles blanches en cuir avec la redingote noire c est comique.

Quel exercice...Chapeau !

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2. Frank-Marie-THOMAS  le 08-05-2017 à 18:28:31  (site)

@Decapedepee

Votre analyse est fort intéressante et, me semble-t-il, pertinente.
En effet Macron bénéficie de circonstances favorables qui tiennent essentiellement à la chûte de Fillon. Mais savoir profiter des opportunités et ne pas hésiter à tuer le père est le propre des ambitieux en politique. Rien de plus classique que ce jeune intrigant, donc, sorte de Rastignac contemporain.
Attendons la suite : je vois d'immenses difficultés dans les élections à venir et dans la tentative de constituer une majorité macronienne ( ou macroniste ?)

 
 
 
posté le dimanche 07 mai 2017

Les diableries du français.

La librairie Vuibert vient de faire paraître un délicieux petit livre de Muriel Gilbert Au bonheur des fautes dont je ne saurais trop vous recommander la lecture.

 

 

 

 

 

Muriel Gilbert est correctrice. Elle nous dévoile les grandeurs et misères de son métier et, chemin faisant, analyse avec légèreté et pertinence quelques difficultés de notre belle langue.

 

Chacun sait que l'accord du participe passé est l'une des plus grandes vacheries de notre orthographe. Il y en a d'autres, mais celle-ci est particulièrement corsée.

Nous connaissons tous la règle générale, bien sûr. Mais les exceptions ou les variations sont réellement diaboliques. Elles mettent à l'épreuve notre sens de l'observation et aiguisent notre intelligence, pour peu qu'on s'y intéresse, évidemment.

 

Par exemple, ces deux phrases que cite Muriel Gilbert, qui toutes deux sont correctement orthographiées:

:

Les belles années qu'il a vécues à Londres.

Les belles années qu'il a vécu à Londres.

 

Quelle est donc cette diablerie qui fait que "vécu" s'écrit de deux façons différentes et correctes l'une comme l'autre dans ce qui semble strictement la même phrase ? 

Vous cherchez...Donnez-vous votre langue au chat ?

C'est simple, si j'ose dire . Dans le premier cas "les belles années" est COD de "a vécu "( il répond à la question quoi ?) et la sacro-sainte règle de l'accord avec l'auxiliaire avoir, lorsque le COD est placé avant le verbe, s'applique.

Dans le second exemple, "les belles années" est complément circonstanciel de temps ( il répond à la question combien de temps ?) et le participe passé ne s'accorde pas.

 

Je réserve pour une autre fois l'accord du participe passé suivi d'un infinitif ("elle s'est laissée tomber" et "elle s'est laissé emmener"). Pas trop de plaisir à la fois.

 

On s'occupe comme on peut un jour d'élection... 

 

 

Le même jour après l'élection :

"Et c'est cela ce que nous ferons"; "c'est cela ce qui conduira notre avenir" dit le nouveau président. Grammaticalement au moins c'est cela ce qui commence mal !  

 


Commentaires

 

1. Decapedepee  le 08-05-2017 à 15:39:00

"Et si ç est cela ce que vous..."

Un poète qui manie l alliteration à merveille peut-être ?

 
 
 
posté le dimanche 07 mai 2017

Georges Clémenceau (1841-1929)

 

On ne ment jamais tant qu'avant les élections,

pendant la guerre

et après la chasse. 

 


 
 
posté le samedi 06 mai 2017

Victor Lanoux (1936-2017)

 

 

 

 

 

 

 

C'était un homme que je respectais beaucoup.

 


 
 
posté le samedi 06 mai 2017

Dimanche 7 mai (2)...

 

 

 

 

En d'autres termes :

 

 

Elle est élue : HELAS !

 

Il est élu : TANT PIS ! 

 


Commentaires

 

1. Decapedepee  le 06-05-2017 à 14:39:34

Retrouver un monde naturel et spontané: rien de tel pour se faire du bien et se ressourcer bien à l écart de ce qu on appelle le "monde civilisé "...

Bon dimanche !

Y-a-t-il un bon film demain soir?

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2. johnmarcel  le 07-05-2017 à 08:49:05  (site)

Je viens de voter... j'ai voté contre, quoique pour l'autre j'aime à penser que ce n'est pas que pour faire barrage... on verra bien hein ?
Ma femme est une "immigrée légale", vous vous doutez peut-être pour qui je n'ai pas voté !
Et encore... j'ai appris il y a peu qu'un ponte du FN est marié à une japonaise...

 
 
 
posté le vendredi 05 mai 2017

Quelle tristesse !

Si l'on veut être de bonne foi, on ne peut que dénoncer l'unanime et irritante partialité des medias en faveur d'Emmanuel Macron, ou, pour être plus exact, au détriment de Marine Le Pen.

 

 

 Seules les contraintes légales d'égalité du temps de parole de la campagne officielle sont respectées. Pour le reste - interviews, radio-trottoirs, débats - la candidate du FN a ouvertement été méprisée, ridiculisée, placardisée. Le tout en parfaite bonne conscience puisqu'elle incarne le mal absolu.

 

 

 

 


Son incroyable excitation de mercredi soir durant le débat avec Emmanuel Macron, outre qu'elle dévoile un pan peu attirant de sa véritable nature, trouve sans doute une part d'explication dans ce harcèlement qui ferait sortir n'importe qui de ses gonds.
Reste qu'il faudrait être sourd et aveugle pour ne pas l'avoir trouvée fort mauvaise, et fort en dessous de la place qu'elle prétend vouloir occuper. La médiocrité de son comportement lourdement comique, les artifices de ses mots préparés et sentant l'huile de lampe pour ce qui est de la forme, et, sur le fond, son évidente et inquiétante fragilité ont déçu ses partisans et rassuré ses adversaires.


En face d'elle, quoi que puissent en dire ses thuriféraires plus ou moins nouvellement convertis et plus ou moins sincères, Emmanuel Macron a été d'une alarmante médiocrité, flou sur l'essentiel, précis sur l'accessoire et, par dessus tout, distillant un ennui qui augure mal de la suite.


Quelle tristesse pour la France!

 


Commentaires

 

1. Galinette   le 05-05-2017 à 09:37:20

Tout est dit hélas.
Le cauchemar va continuer pour cinq (et plus sans doute) interminables années.
Quelques naïfs espèrent "faire printemps" avec leurs maîtres insoupçonnés , pendant que les couteaux s'affutent de tous côtés.. au propre et au figuré.
Quand je pense qu'un des arguments de rejet de Nicolas Sarkozy était qu'il divisait la société.. Que le Cuistre en chef s'enorguelli de son bilan et qu'un bon nombre d'électeurs s'apprête à redemander une grosse cuillerée de souffrance, d'injustice, de gabegie, de népotisme ....j'arrête, je suis au bord de la déprime.

2. Florentin  le 05-05-2017 à 12:40:02  (site)

Ma religion étant faite, je n'ai pas suivi ce fameux débat. Et ce que j'en entends à droite et à gauche m'invite à croire que j'ai bien fait. Je ne voterai évidemment pas Le Pen : le risque serait trop grand. Mais ce n'est pas de gaieté de coeur que je donnerai ma voix à Macron.. Bien au contraire. Nous sommes, je crois, nombreux à ne pas vouloir lui signer un chèque en blanc. Je ne suis pas sûr qu'élu il "rigolera" tous les jours. Mais, quelle tristesse, vous avez raison, de devoir commencer un nouveau quinquennat dans un pareil esprit.

3. Decapedepee  le 05-05-2017 à 21:08:50

Les médias sont effectivement on ne peut plus indulgents à l égard de Macron que j ai trouvé, pardonnez-moi: imbuvable !

Il a sans cesse coupé la parole à Le Pen tout en se prétendant "democrate".
Il a sans cesse botte en touche, tout en prétendant soit que Le Pen mentait.

Un seul exemple:
Le Pen: "Monsieur Macron, l UOIF vous soutient, etc.."
Macron: "Non Madame Le Pen vous mentez, je n ai jamais soutenu l UOIF"

Il a sans cesse crie qu elle "proférait des mensonges" (alors qu on profére des injures). De fait Macron retourne une vérité en mensonge et la formulation de sa conclusion ("vous proférez des mensonges") transforme le soit-disant "mensonge" en injure présupposee (par l emploi du verbe proférer ).

Ç est d une parfaite mauvaise foi que personne ne relève.

Il a fonctionné comme cela dans sa campagne et cela augure mal du prochain quinquennat.

Que ceux qui le veulent votent pour lui....

Il épouse Bibi Trogneux, héritière de la chocolaterie Trogneux depuis 1872 mais critique les héritiers , les gens qui ont choisi d économiser le fruit de leur labeur et n en pense pas moins des retraités, bref de tous ceux qui ne font pas tourner l économie.

Plus libéral que Macron tu meurs!

C est la revanche de la cigale qui a chante tout le été.
Les bourgeois dépensiers vivant comme des grands ducs (et bons citoyens puisque bons consommateurs) et se payant des loyers a plusieurs milliers d euros par mois, veulent s en prendre à tous ceux qui, coupables de ne pas avoir dépense leur argent dans le seul but louable de faire tourner la économie, ont réussi à se payer un toit.

En 1789 c étaient à peu près les mêmes bourgeois qui trouvaient qu ils n en avaient pas assez. Macron est en quelque sorte le Melanchon de la droite. Et il ne manque que "citoyens!" à la fin du nom de son mouvement "En marche..."

Le peuple entier dans toutes ses composantes (à l exception de ses amis bobos) en fera les frais et après 5 ans de libéralisme sauvage, un totalitarisme extrémiste prendra le pouvoir.

Je n ai pas compris le comportement de Le Pen. Peut-être a-t-elle voulu faire la "bonasse" plutôt que la bourgeoise du manoir de Montretout ?

Les deux ont été nuls. Quelle misere !

Triste1

 
 
 
posté le mercredi 03 mai 2017

Les flououh ouhouhouh, les flous sont entrés dans Paris ...

On se souvient de la répartie de Martine Aubry lors du débat de la primaire de gauche de 2012 à propos du programme de François Hollande : "comme disait ma grand-mère : quand c'est flou, y'a un loup !".

 

 

 

 

 

 

 

En 2017, dans cette campagne présidentielle, la culture du flou semble devenir l'exercice préféré des candidats. Ce n'est plus un loup, c'est une horde.

 

Le public assiste, médusé, à un meeting de Marine Le Pen où elle reprend mot à mot les paroles prononcées un mois plus tôt par François Fillon, sans avoir la correction élémentaire de prévenir de la citation. Jamais vu.

La même candidate, nouvelle alliée de Nicolas Dupont-Aignan, accomplit une volte-face sur le sujet du futur rétablissement du franc plongeant ses électeurs potentiels dans les affres de l'incertitude.

 

Quant à Monsieur Macron, tout son discours est nimbé, tel les photos de David Hamilton, d'un flou qui n'a même pas l'intérêt d'être artistique, mais qui laisse derrière lui une sorte de malaise.

Qui comprend quelle sera sa majorité ? Que deviendront les députés sortants qui le soutiennent aujourd'hui? Quelle politique étrangère se propose-t-il de mettre en oeuvre au Proche Orient ou en Afrique ? En quoi consistera "l'autonomie des lycées et collèges" ? Avec qui compte-t-il gouverner ? etc .

 

Le pompon revient sans doute à Monsieur Mélenchon qui organise un petit référendum parmi les militants de son mouvement des "Insoumis". Il leur propose trois options : le vote Macron, le vote blanc ou l'abstention. Cette troisième option, déjà, est cocasse, venant de quelqu'un qui se propose de rendre le vote obligatoire. Passons sur ce détail...

Mais pourquoi sa consultation n'envisage-t-elle pas un vote Le Pen ? "Cachez ce sein que je ne saurais voir !". Vote piégé, donc, puisque les sondages annoncent qu'un quart de ses électeurs s'apprêtent à voter "Marine".

 

On pourrait avoir la cruauté d'évoquer aussi la gaze floue dans laquelle se drapent les communistes, les socialistes, les républicains qui nous annoncent tout de go qu'ils appellent à voter Macron puis, un mois après, à élire des députés dont la mission sera de l'empêcher de gouverner.

Monsieur Baroin dont les dents, déjà longues, semblent en train de pousser encore,  appelle à voter Macron tout en menaçant d'exclure du parti Les Républicains ceux qui auraient l'audace de rejoindre En Marche pour les législatives...

Comprenne qui pourra : les flous sont entrés dans Paris.

 


Commentaires

 

1. jean23  le 03-05-2017 à 12:41:34

Les Fous aussi .

2. Decapedepee  le 03-05-2017 à 15:06:21

Il est vrai que cette campagne présidentielle restera mémorable par son manque de clarté; ce manque de clarté est, je crois, provoqué par le fait qu un inconnu du monde politique ait entendu profiter de l extrême faiblesse (je pourrais dire "impopularité " du président sortant, pour tenter sa chance en se présentant comme n étant ni de droite ni de gauche, sans oser dire qu il représente en définitive les intérêts d un parti supra national: celui de la pure finance, des lobbies internationaux du capital.

On marche "masqué ".

Nous avons donc affaire à un libéral pur et dur préparant notre pays à devenir une terre de business - une politique bien éloignée des intérêts et des besoins de notre peuple.

Tout est dans le non dit et présenté un peu comme un dessert d exception que nous decouvririons en fin de repas; les électeurs sont désorientés.

Les partis politiques traditionnels, compte tenu des pouvoirs en jeu, sont quant à eux de veritables repères de loups professionnels- purs sang de la politique.

Les deux principaux partis (PS et LR) évincés voient leurs élus décontenancés entre ceux qui voudraient résister et ceux qui se sentent appelés par la voix epoumonee de l au-delà soit-disant salvatrice (Macron).

Les élections législatives pourraient devenir une deuxième élection présidentielle, comme pour rectifier le premier tir et on risque d assister à une sacrée mélasse.

Le PS déjà bien écrabouille par Petite Fraise se retrouverait cloué au pilori.

LR, meurtri par l affaire Fillon, se retrouverait bien amoindri - concrètement les candidats aux législatives se dispenseront d apparaître sur leurs affiches en compagnie de Fillon...

En revanche j imagine bien les électeurs voter massivement pour Melanchon et Le Pen. La France insoumise et le FN deviendraient alors le defouloir des insatisfaits du 1er et du 2ème tour de la Présidentielle. D autres se reporteraient sur ces deux partis extrêmes en considérant le PS et LR comme moribonde.
L extrême gauche aurait plus de députés que la gauche, de même pour l extrême droite.

Se dirige-t-on vers une France ingouvernable ?

Merci Macron! Merci Attali! Merci Petite Fraise!

On avait bien besoin de ça !

La Française des Jeux se mord la queue:
Hollande a gratté et il a gagné, Macron aussi veut gratter.
Mais que gagnerons-nous?: des mouvements sociaux, des manifestations, des grèves, la guerre des rues et des attentats en plein milieu...

Pauvre France.

Cali

 
 
 
posté le dimanche 30 avril 2017

Les enseignants au rabais.

Christophe Dechavannes anime une amusante émission de jeu sur TF1 depuis quelques semaines.

 

 

"The Wall" - encore un titre anglais dont on aurait pu se passer sur une chaîne française - allie une grande part de hasard à un peu de connaissances. Mais ce peu est encore trop pour certains.

 

Témoin cette jeune femme professeur des écoles qui a ingénument reconnu qu'elle était incapable de dire lequel de ces dieux romains était celui de l'amour : Neptune, Cupidon ou Bacchus !

Elle ne savait pas non plus faire la différence entre une allitération, une prétérition ou une synecdoque.

 

Ce qui eût été acceptable de la part de n'importe qui dont les compétences ne sont pas culturelles dans l'exercice de son métier, est une invraissemblable anomalie s'agissant d'une institutrice censée aimer lire et se cultiver pour transmettre son savoir aux enfants dont elle a la charge.

 

La terrible dégringolade du niveau des enseignants est sans doute l'une plus graves causes des échecs de notre Ecole. On entend parler de moyens financiers, de réduction du nombre d'élèves par classe, d'aménagement des horaires ou de poids des cartables, mais rares sont les responsables publics qui osent souligner cette cruelle réalité : l'Ecole recrute trop souvent au rabais.  

 


Commentaires

 

1. Decapedepee  le 30-04-2017 à 17:07:32

Tout ceci est hélas bien exact.
Je me suis d ailleurs demandé si cette triste situation ne résultait pas d une certaine volonté de nos pouvoirs publics: rendre, dès le plus jeune âge, les gens plus bêtes, en faire de moins en moins des êtres à penser.
On retrouve cette idée au Maroc (contrairement à la Tunisie par exemple), ou la volonté du mahzen serait de maintenir au plus bas possible le niveau intellectuel de la population. Ce qui d ailleurs à été critiqué par le Grand Immam de la mosquée de Casablanca lors la grande prière de fin de ramadan, en présence de Sa Majesté Mohamed VI. L idée du Grand Immam était de expliquer que l on ne peut pas être un bon musulman si l on n est, intellectuellement, incapable de bien comprendre le sens du Coran.

Quelles que soient les causes de cet état de fait en France, les conséquences sont dramatiques pour notre démocratie puisque le École en est à mon avis le premier pilier.

Comment en effet le suffrage universel peut-il sérieusement continuer à peser de tout son poids si l École n est plus en mesure de remplir son rôle ?

Si l Éducation nationale continue au niveau que l on lui connaît aujourd'hui, le suffrage universel mènera notre piètre démocratie au totalitarisme.

On a déjà commencé à élire un peu n importe qui, lors des échéances électorales des 10 dernières années.

Ou bien nos dirigeants ne pensent pas à notre avenir, ou bien ils pensent à un avenir contraire à nos intérêts, c est à dire un avenir que nous ne voulons pas.

Pourquoi par exemple avoir autant modifié la méthode d apprentissage de l écriture, supprimé l enseignement du latin, tout en réfléchissant autant au développement de la théorie du genre???

Plus nous continuons ainsi, plus nous elisons n importe qui, plus nous allons dans le mur...

En marche...? Ça marche ..!! Berk

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2. Galinette   le 01-05-2017 à 07:09:34

ET pourtant.. l'Etat recrute ainsi depuis des décennies. Le mouvement s'est simplement accéléré et accentué. Compte tenu (entre autre) du niveau des étudiants et de la qualité des diplômes qui leur sont donnés..il ne peut en être autrement. C 'est un cercle vicieux .. Il ne faut pas être étonnés. Avec une belle hypocrisie on fustige les parents qui cherchent désespérément un enseignement de meilleure qualité en fuyant l'enseignement public (?!). On ressort régulièrement de vieilles lunes sur les méthodes. On "réforme", on replâtre quelques fissures, on injecte de l'argent etc mais le bateau coule lentement. depuis des lustres. Ca commence simplement à se voir. La aussi l'inégalité et l'injustice règnent. Selon votre milieu et votre lieu de naissance, les dés sont jetés au départ . Le "pompon" de la mauvaise foi et des mauvaises idées a pu être décerné aux derniers "ministres" de l'EducNat, qui ont accentué les inégalités et parachever la déstructuration de l'école et du collège. Mais peut-être y a-t-il eu également un recrutement au rabais des dits ministres? Dans une semaine nous aurons l'occasion de confirmer le mouvement avec le futur President dont nul n'est certain qu'il aura les compétences requises.

3. Galinette  le 01-05-2017 à 12:24:13  (site)

@decapedepee
Merci pour ce beau commentaire que je partage amplement. (Si j'en ai bien compris le sens )
J'ai souvent eu â l'esprit cette idée qu'il y avait une volonté politique de créer une sorte de sous-population, taillable, corvéable manipulable à volonté. Il ne peut en être autrement. Des enseignants, des parents font depuis longtemps le constat de cette faillite de l'enseignement de masse. Se peut-il que cela échappe au plus haut niveau? Qu'il y ait suffisamment d'intermédiaires intellectuellement malhonnêtes pour que les informations inquiétantes ne remontent pas?
Je ne peux le croire sauf â penser que la médiocrité, l'indigence intellectuelle ont définitivement contaminé nos dirigeants, tous partis confondus.
Quoique.

4. Decapedepee  le 02-05-2017 à 16:25:07

@galinette
Merci de votre commentaire.
J ai observé à plusieurs reprises que nous partagions les mêmes idées...ce qui fait plaisir lorsqu on ne peut que se considérer marginal dans une société où les normes se retrouvent inversées.
Au passage, je vous signale que je ne peux accéder à votre site en cliquant sur "site" à côté de votre pseudonyme.
Encore merci.

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5. Galinette   le 03-05-2017 à 05:06:08

@decapedepee
C'est vrai qu'on se sent moins seuls lorsqu'on peut lire ici ou là des commentaires qui enrichissent notre réflexion et/ou la font évoluer.
J'ai constaté egalement que nous étions souvent sur la même longueur d'onde et cela m'a fait plaisir.
Merci au passage à notre hôte d'offrir ce lieu de partage.
(Je n'ai pas de site. Et j'aime bien vos petites animations en fin de commentaire)

 
 
 
posté le vendredi 28 avril 2017

Le "chat en sac" de Monsieur Macron.

 

 

Saisie au vol cette phrase effarante de lourdeur, d'inélégance et d'équivoque à propos de la politique pénale :

 

«Je veux apporter une réponse en termes de tolérance zéro.»

 

Ou de l'art de parler pour ne rien dire.

Je "veux apporter une réponse" est une façon de dire qu'il s'agit d'un projet de réponse, d'une réponse probablement à venir, mais pas d'une réponse ferme, et encore moins d'un engagement. Autrement dit il ne répond pas, il "veut répondre", ce qui ne signifie absolument rien.

"Une réponse en termes de tolérance zéro" est une formule tout ausi creuse puisqu'elle réduit l'action à une terminologie, à des mots: "en termes de", expression faussement technique que j'ai eu l'occasion de ridiculiser.

 

«Vous voulez dire qu'il fait beau ? Que ne dites vous " il fait beau" ?» écrit La Bruyère. On a envie d'en dire autant à Monsieur Macron. Que ne dit-il :

 «j'appliquerai la politique de tolérance zéro ? »

 

Ce serait trop clair, peut-être ?

"Y'a un loup" , dirait Martine Aubry (*);

"C'est chat en sac", dit-on à la Martinique.

 

(*) Le 29  avril :

 

Curieusement celle-ci, depuis hier, s'est rangée aux côtés de Monsieur Macron dont elle disait, il y a quelques semaines seulement et avec la douceur qui la caractérise: " Macron...euh...comment vous dire ?...Ras l'bol !".

Pour faire bonne mesure, soulignons aussi le ralliement de Monsieur Dupont-Aignan à Mme Le Pen, qui en décevra plus d'un, je pense quand on se rappelle la fougue avec laquelle, il y a une semaine à peine, il nous expliquait que tout, ou presque, l'en séparait. Quelle foire ! 

 

L'original Jean Lassalle, quant à lui, prononce ces mots à méditer :

"Notre histoire ne nous condamne pas à choisir entre l'hystérie et l'hystérie. Ni l'un ni l'autre !"

 


Commentaires

 

1. Decapedepee  le 29-04-2017 à 20:12:49

J avais remarqué chez Macron ce pénible charabia, cette façon de tordre les mots.
Cela est sans doute du à ses idées déjà confuses et tordues.

L homme s était présenté comme un lettré puis a ensuite renié l existence d une culture française.

Peut-être est-ce la langue que l on parle chez Rothschild pour mieux enfumer la proie?

Quoi qu il en soit, son expression orale ne semble vraiment pas compatible avec la fonction de chef de État.
J écoutais récemment une interview de Feu Sa Majesté le Roi Hassan II...fascinant!

Dans le monde, on va bien rire de nous.

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posté le jeudi 27 avril 2017

Jacques Attali a raison.

Et voici que s'enflamme à nouveau le petit monde médiatique et que s'indignent à qui mieux mieux les commentateurs de tout poil. Haro sur Jacques Attali qui a osé prononcer des paroles blasphématoires. On se croirait revenu au"point de détail de l'histoire".

 

 

 

Quelle est l'affaire si grave qui émeut tant nos censeurs et  nos guides spirituels ?

Jacques Attali, ancien conseiller de François Mitterrand, économiste-philosophe-moraliste-scientifique-chef d'orchestre, écrivain et chaud partisan d'Emmanuel Macron a osé proférer cette horreur au cours d'une interview à propos de la fermeture programmée de l'usine Whirpool :

"Je ne voudrais pas que cette campagne se réduise à des anecdotes. C'est en effet une anecdote , si on ne le présente pas dans un contexte plus large".

 

"Anecdote" ! "Il a eu l'audace et l'inconscience de traiter d'anecdote la mise au chômage de 290 ouvriers à cause d'une délocalisation financière sauvage de leur usine en Pologne ! ".

Et tous de vouer aux gémonies ce nanti, cet intellectuel grassement rémunéré, ce locataire permanent des ors de la République qui traite ainsi par le mépris la souffrance du petit peuple. Richard Ferrand, porte-parole de Macron ( lequel fut naguère rapporteur général adjoint de la commission Attali) lui demande de "se taire", et Philippot, au nom de Marine Le Pen, exprime sa vertueuse indignation dans un tweet de solidarité avec la classe ouvrière et la "France soumise".

 

Je ne suis pas séduit par Monsieur Attali dont l'omniprésence médiatique, la surproduction livresque et l'opportunisme politique ne me sont guère sympathiques. Mais pour une fois je vais être d'accord avec lui.

Le problème d'une usine, en effet, quelles que soient les souffrances des employés qui sont menacés d'être jetés sur le carreau, n'est pas au niveau d'une campagne présidentielle ou, pour parler plus exactement, ne relève pas de la compétence directe du président de la République. Ce n'est qu'un détail d'un problème plus général qui, lui, parce qu'il met en cause l'organisation générale de l'Europe et du monde, est vraiment du ressort des dirigeants du pays.

 

C'est une dérive extrêmement grave que cette habitude prise par les chefs de l'Etat successifs depuis Giscard d'Estaing (mais à l'exception notable de François Mitterrand) de se mêler de tout et de descendre dans l'arène pour faire le travail de ceux qui sont réellement en charge des questions qui surviennent.

Le président de la République ne peut pas en même temps être "en charge de l'essentiel", comme disait de Gaulle, et remplacer les préfets, les élus locaux, les chefs d'entreprise ou les syndicats.

Une forêt qui brûle, un immeuble qui s'écroule, un drame familial, une petite réfugiée roumaine qui cherche à s'installer avec sa famille en France sont, pour chacune des personnes concernées une affaire de première importance, mais elles sont des détails de la marche générale du pays. Il y a dans cette omniprésence - en grande partie due à la puissance des médias et des réseaux sociaux -  une sorte de dérive totalitaire qui tente de se faire passer pour de la sollicitude mais qui, en réalité, conduit tout droit à une monarchie qui ne dit pas son nom.

Le président ne peut pas, comme le Roi de France, dire en apposant sa main sur les plaies " le Roi te touche, Dieu te guéris".

 

Il faut être d'une grande mauvaise foi pour faire mine de penser que Jacques Attali méprise les ouvriers de l'usine Whirpool d'Amiens parce qu'il qualifie de "détail", au plan national, le drame qu'ils affrontent.

Chacun se vit comme le centre du monde et considére que les difficultés qu'il affronte sont suffisamment graves pour justifier la mobilisation de tous.

Mais dans une république équilibrée, les corps intermédiaires sont chargés de les prendre en charge, pas le chef de l'Etat.

En stigmatisant Monsieur Attali pour ses propos de simple bon sens, qu'ils prennent au pied de la lettre en faisant semblant de ne pas en comprendre le sens réel,  les pleureuses politiques et médiatiques rendent un bien mauvais service à la France. 

 

 


Commentaires

 

1. Florentin  le 28-04-2017 à 10:52:17  (site)

Oui, mais, c'est un détail qui s'inscrit dans une foule de détails du même genre, lesquels deviennent tout de même significatifs, car ils aboutissent à la désindustrialisation de la France et donc à son appauvrissement. Je crois que le président doit s'en mêler. S'il ne peut rien chez nous, peut-être peut-il agir au niveau (au moins) européen. Au total, il est des détails qu'il vaut mieux, à mon sens, regarder ...en détail. Florentin

2. colea  le 28-04-2017 à 13:23:58  (site)

Le mot détail est quelque peu piégé depuis une certaine phrase de J.M. Le Pen....
léa

3. Decapedepee  le 29-04-2017 à 20:32:23

Je ne sais pas si Attali avait bien raison, car à ce compte là tout peut être une anecdote.

Pourquoi pas la France aussi? - qui pourrait être une anecdote ...!

On peut être objectif sans pour autant réduire l importance d un fait. Tout est relatif, mais tout est important surtout quant il s agit du sort des honnetes gens.

Mais enfin bon, il est certain que pour ceux qui souhaitent faire du business avec un territoire et sa population, 290 travailleurs cela ne pèse rien évidemment.

Le propos du mentor de Macron, qu il a mis dans les pattes de "Petite Fraise", n est pas une anecdote : il en dit long sur la façon qu ont ces gens là de voir les choses.

Je l ai déjà écrit ici: plus en avance dans le temps, et plus ON MARCHE vers une société qui coupe des têtes.

Cali

4. Galinette   le 30-04-2017 à 04:22:39  (site)

Le diable (ou Dieu?) est dans les détails a-t-on pris l'habitude de dire. Je suis assez d'accord avec Florentin : un+ un + un... Finissent par travce un portrait, un positionnement qui ne peut laisser indifférent. Sans doute avez vous raison contre l'utilisation politicienne de petites phrases, de mots, hors contexte .. C'est devenu tellement courant qu'à vrai dire plus grand monde n'est dupe de ce ballet d'hypocrites. Toutefois, dans ce magma de mauvaise foi, d'arrière-pensées , il est légitime ( à mon avis) de s'interroger sur la pensée, la philosophie générale d'un futur (probable) president. Et les paroles de son mentor et conseiller J.Attali (dont on connaît le parcours et le rôle) ne sont pas anodines à cet égard. Personnellement je crois qu'il est significatif d'une perception de la société vue "d'en-haut". Le chômage est considéré comme une variable d'ajustement. C'est le sens du mot "anecdote". Et cela, c'est intolérable.
Non. J. Attali n'a pas raison.

5. Frank-Marie-THOMAS  le 30-04-2017 à 08:02:58  (site)

@Galinette et Decapedepee

Nous sommes en désaccord, mais seulement sur la force à donner aux mots.
Attali choque avec son "anecdote", car ce mot léger rappelle un peu l'insouciance prêtée - sans doute à tort - à Marie-Antoinette et ses "brioches". C'est une évidente maladresse qui a effectivement pu blesser.
Mais qu'elle traduise une indifférence du nanti à l'égard des chômeurs me semble une surinterprétation du mot.
Et le tintouin qu'il a fait me paraît tristement significatif de l'époque pudibonde que nous vivons.

6. Galinette   le 30-04-2017 à 23:09:49  (site)

Les mots qui s'échappent de la bouche de J.A ou de n'importe quel homme de pouvoir, ne peuvent pas être sans conséquences. J.Attali est un homme instruit qui se veut un expert politique averti. Je pense comme vous qu'il y a sur-interprétation des médias et des politiciens. Comme à l'accoutumée. Mais, sans le soupçonner de mépris ou d'indifférence envers les ouvriers restés sur le carreau, ses explications, aussi rationnelles qu'elles soient, ne sont pas acceptables par des personnes qui
souffrent. On ne peut pas séparer la forme du fond dès lors qu'il y a un rapport de force inégal entre les individus.
Oui nous vivons une époque pudibonde, mais la tendance est aussi au cynisme.
Les situations individuelles sont devenus des épiphénomènes et on ne se gêne plus pour le dire brutalement.
Le fait que cette parole soit récupérée et amplifiée de façon indécente ne doit pas brouiller ou minimiser la réalité de l'offense. Parce que les gens concernés reçoivent les mots comme on les prononce.
Avec beaucoup d'intuition ils perçoivent à combien d'années lumières se trouvent ceux qui vont décider de leur sort . Ils prennent le constat en plein cœur.

 
 
 
posté le mercredi 26 avril 2017

Ni ni (2)

Un lecteur qui signe du pseudonyme original "Decapedepee" vient de laisser un commentaire à l'article précédent qui m'inspire la réflexion suivante.

 

 

Après 5 ans d'une présidence calamiteuse, la vie politique française et la France en général, sont en piteux état. Une poule n'y retrouverait pas ses poussins.

Commerce extérieur en berne, industrie à l'agonie, chômage catastrophique, niveau de vie des plus faibles digne d'un pays pauvre, dislocation du corps social, classe politique éclatée en individualismes ambitieux, montée dangereuse et incontrôlée des communautarismes, culture en capilotade, incivilités, violence, abandon des banlieues et des campagnes, Education Nationale minée par le retour en force de l'obscurantisme religieux, laïcité de plus en plus souvent remise en cause, relâchement moral des élites, écart de plus en plus béant entre les riches et les pauvres, mort des centres-villes, dégradation des paysages, agonie de l'agriculture à taille humaine, politique étrangère erratique et fumeuse.

 

Certes notre vieux pays n'en est pas à sa première épreuve, et l'espoir demeure qu'il parvienne à surmonter cette crise d'asthénie, comme il est sorti d'autres périodes sombres de son histoire.

Il n'en reste pas moins que le champ de ruines laissé par le premier tour de l'élection présidentielle est un symptome très alarmant  d'un état de santé dégradé du corps social et de la nation.

Les deux partis de gouvernement sont battus. Les élections primaires de droite et de gauche ont désigné des candidats représentant l'aile la plus extrême de leurs partis respectifs ce qui leur a rendu impossible, comme j'en exprimais ici même la certitude il y a peu (voir article en lien), de rasssembler une large partie de l'électorat sur leur nom.

Les deux vainqueurs du premier tour, quant à eux,  représentent jusqu'à la caricature deux idéologies diamétralement opposées qui, ni l'une ni l'autre, n'incarnent réellement les préoccupations, les envies et les besoins de l'immense majorité du peuple français.

 

 

D'un côté un nationalisme dont les conséquences, s'il était mis en oeuvre, risquerait de  nous éloigner de l'Europe, d'obérer nos finances et de fragiliser notre économie; de l'autre une ouverture sans frein aux influences extérieures, une dissolution de notre système de protection sociale, une pente dangereuse vers le communautarisme et un abandon des spécificités culturelles de la France.

 

Notre pays a soif de justice sociale, de respect de son mode de vie, d'innovation contrôlée, de reconnaissance internationale et d'innovation respectueuse de son mode de vie et de ses valeurs. Il est désespérément à la recherche du dirigeant qui saurait incarner cette double aspiration et dont la probité, le désintéressement et la capacité à gouverner lui garantiraient sécurité, développement et continuié.

 

Or ni l'un ni l'autre des deux postulants à la présidence de la République n'est ce personnage tant attendu.

Les médias égrennent depuis trois jours la liste interminable des ralliements de circonstance à Monsieur Macron. Le caractère hétéroclite des personnalités qui lui déclarent leur flamme toute nouvelle aurait de quoi faire éclater de rire si ce spectacle n'était pas si attristant. Voir barboter dans le même marigot Monsieur Hue, Monsieur Estrosi, Monsieur Valls, Madame Kosciusko-Morizet, Monsieur Sarkozy, Monsieur Hollande et tant d'autres, constitue un spectacle à faire dresser les cheveux sur la tête et à éloigner durablement nos concitoyens de l'engagement politique.

 

Je suppose que les Français sont interloqués par la scène qu'on leur joue là.

Rien ne dit qu'ils seront des spectateurs dociles de cette mascarade et qu'ils appaudiront là où les chauffeurs de salle leur diront de le faire.

Le petit monde médiatique vilipende Monsieur Mélenchon parce que, comme le fit Arlette Laguiller en 2002, il semble réticent à rejoindre la troupe bêlante des ralliés de la dernière heure. On peut pourtant comprendre sa réserve.

.

Sans doute se projette-t-il un peu plus loin et imagine-t-il le désarroi accru des électeurs lorsque les apôtres qui aujourd'hui appellent à voter pour Monsieur Macron leur demanderont avec le même aplomb de battre ses candidats aux élections législatives de juin, les contraignant à un nouveau revirement digne d'un contortionniste.  

 


Commentaires

 

1. Florentin  le 26-04-2017 à 16:33:28  (site)

Bonjour. Vos préoccupations sont les miennes. J'ai été ahuri par le spectacle de ces élections. Parfois, je me suis demandé si je ne rêvais pas. Nous voilà condamnés à Macron, l'artificiel. Que va-t-il sortir du salmigondis pour le moins hétéroclite dans lequel il est enfermé ? Je suis vraiment curieux de voir ce qui va se passer au lendemain des législatives (lesquelles seront une sacrée foire d'empoigne). Mais, la certitude d'être gouverné par un pareil oiseau ne me rend vraiment pas optimiste. On va rentrer dans la falaise, c'est sûr ! Florentin

2. Decapedepee  le 26-04-2017 à 20:49:09

Permettez moi de vous dire que je suis honoré que mon petit commentaire ait pu susciter votre réflexion.

Celui ou celle qui sera elu (e), le sera au bénéfice du maintien de Fillon accablé par les affaires - coup de bol pour celui ou celle qui aura réussi à se faire élire Président de la République.

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Même coup de bol il y a 5 ans pour la petite fraise qui a réussi à se faire élire entre l affaire Strauss-Kahn et la déception de Sarkozy (certes concernant le chômage la petite fraise n à "pas eu de bol" pour le coup..ce furent ses propos).
On ne peut pas gagner à tous les coups; il est bien connu que ceux qui grattent aux jeux de la Française des Jeux(éminemment développés sous Jospin...) se retrouvent à sec pour finir.

Aussi, je crois qu après cette élection inouïe , les français rectifieront vite le tir à l occasion des législatives en privant le futur président élu de toute majorité présidentielle. Et le président élu ne gouvernera pas.
On le verra de temps de temps, il sera interviewé lors de ses visites aux Chefs de État et prononcera ses voeux.

Concernant la défense et la diplomatie, domaines a priori réservés du Président de la République:
Fort heureusement en vertu des articles 20 et 21 de la constitution le gouvernement dispose de prérogatives constitutionnelles faisant que ces domaines sont aussi partagés.

La Veme Constitution est bien faite!

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posté le lundi 24 avril 2017

Programme pour le 7 mai

 

 

Ni - Ni =

JARDINAGE+LECTURE

in angulo cum libello 

 

  

 

  

 

 

 

 

 


Commentaires

 

1. Galinette  le 24-04-2017 à 18:34:45

Pour moi ce sera coquillages et crustacés ..sur la plage abandonnée ..
Quelle tristesse...

2. anaflore  le 25-04-2017 à 07:15:08  (site)

bravo pour la photo du jour

3. fafa-012  le 25-04-2017 à 10:14:00  (site)

bonjour
bravo pour la photo du jour.
bises.

4. cr  le 25-04-2017 à 15:07:44

Moi je me déplacerai mais ce sera aussi ni-ni. Merci pour ce superbe jardin ! Amitiés de Joigny !

5. Decapedepee  le 25-04-2017 à 23:56:04

On nous sert à nouveau la vieille soupe du Front "republicain"...que devrait incarner Macron, le banquier "candidat de la France soumise" (comme l a qualifié Marine Le Pen ce soir).
Avec Stéphane Bern, Line Renaud, Daniel Cohen Bendit??
Macron ne serait pas plus dangereux? Dans le doute, l abstention sera probablement une réponse des français.
Je suis curieux de connaître la position de Melanchon et de son équipe - lui au moins consulte son mouvement.
Ce ne sera pas Macron et peut-être pas Ni Ni, pour l instant tout cela reste à suivre!
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6. Frank-Marie-THOMAS  le 26-04-2017 à 09:48:32  (site)

@ Decapedepee

Je réponds à votre commentaire par un article.

 
 
 
posté le samedi 22 avril 2017

Un mort par négligence.

Les Champs Elysées étaient le paradis des anciens grecs. Il fut avant-hier soir l'enfer pour notre police.

 

 

 

Plutôt que de dénoncer les prétendues récupérations politiciennes de tel ou tel candidat - en omettant au passage de stigmatiser la scandaleuse  froideur de Mme Arthaud ou de Monsieur Poutou (lequel, excusez du peu, ne propose rien de moins que de désarmer la police !)-, le premier ministre, Bernard Cazeneuve, aurait mieux fait de se taire, peut-être même de réfléchir à la responsabilité de la justice dans le drame qui venait de se jouer à deux pas de l'Elysée et de la place Beauvau.

 

L'assassin abattu par les collègues du policier tué, Karim Cheurfi, est un dangereux individu.

Il a séjourné 14 années en prison pour des violences qui, toutes, ont en commun une haine déclarée à l'égard des forces de l'ordre, quelles qu'elles soient.

Son parcours est édifiant :

-  2001 tentative d'assassinat de deux policiers.

-  Jeté en prison, il violente six ans plus tard un surveillant

-   l'année suivante il s'en prend à  un codétenu.

-  En juillet  2012 il est  placé sous le régime de semi-liberté.

-  Il est libéré sous condition l'année suivante, mais est à nouveau condamné.

-  Il sort de prison en octobre 2015 et se rend en Algérie au mépris des obligations de déclaration prévues par sa libération conditionnelle.

-   Un juge d'application des peines de Meaux est chargé de le suivre; en dépit de son grave manquement, il ne révoquera pas son sursis avec mise à l'épreuve, considérant apparemment que cet homme ne représente pas un danger pour la société.

-  décembre 2017 il est dénonce à deux reprises pour avoir déclaré à des connaissances qu'il cherchait une arme pour tuer des policiers 

-  fin février 2017 il est arrêté, soupçonné d'avoir cherché à tuer deux policiers. Il est libéré le lendemain par le juge d'application des peines au prétexte qu'il n'a pas précisé le nom de sa future victime ni le lieu de l'assassinat ! Pourquoi pas, pendant qu'on y est, l'arme du futur crime et l'heure exacte ?

 

La question se pose tout de même de savoir comment un individu traînant un tel dossier et doté d'un tel palmarès de délinquance grave et violente, peut être relâché alors qu'il n'a pas respecté les obligations de sa remise en liberté sous condition et qu'il a menacé à plusieurs reprises de recommencer.

Comment il se fait aussi qu'on le relâche si vite malgré un soupçon gravissime  et plus que plausible, vu ses états de service.( voir articles en lien)

 

 

 

 

 

On peut comprendre la colère des policiers que ne suffiront sûrement pas à calmer  ni les cérémonies d'hommage ni les incriminations pitoyables du premier ministre.

Car il est tout à fait clair que si la justice avait appliqué la loi, rien que la loi mais toute la loi, Cheurfi n'aurait pas tué et blessé, jeudi soir, sur les Champs Elysées. Le malheureux Xavier Jugelé est mort par négligence.

 

 


 
 
 

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Per tenebras nitent