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Titre du blog : Le journal de Frank THOMAS
Auteur : Frank-Marie-THOMAS
Date de création : 20-09-2009
 
posté le 14-12-2009 à 09:47:03

" La température moyenne de la Terre baisse depuis 1998 "

Non, contrairement à ce que des médias avides de simplification et de polémiques artificielles affirment à longueur de journée, il n'y a pas que Claude Allègre, bouc émissaine des " verts ", qui conteste le réchauffement climatique et plus encore ses causes humaines.

Voici un texte passionnant et qui mérite d'être médité en ces temps de consensus hulotien, gorien et arthus-bertrandiste.

Il est signé de Vincent COURTILLOT, Directeur de l'Institut de Physique du Globe et membre de l'Académie des Sciences. (*)

 « Cest sûr, attesté, personne ne peut le nier : la température moyenne baisse depuis 1998, date d'une valeur maximale qui n'a plus été retrouvée.

On ne peut pas en déduire que le réchauffement observé depuis un siècle et demi ne va pas se poursuivre : ce réchauffement moyen a toujours été très irrégulier, en dents de scie, et variable en fonction des régions.

Après cet épisode, la température moyenne va peut-être recommencer à monter, ou la baisse se poursuivre un certain temps. On ne peut pas savoir. On peut juste remarquer que, depuis une dizaine d'années, l'activité du Soleil est en baisse avec, depuis plus d'un an, presque plus une tache sur la surface de l'astre.

Alors il y a peut-être corrélation.

La seule certitude, c'est que le gaz carbonique et l'effet de serre ne peuvent pas être seuls en cause : à l'échelle globale, la température avait déjà baissé entre 1940 et 1970, sans que pour autant le taux de CO2 atmosphérique ait cessé de croître.

Grâce à Emmanuel Le Roy Ladurie, on sait aussi que, entre les années 900 et 1100, la Terre était au moins aussi chaude qu'aujourd'hui.(...)

Ce n'est pas le gaz carbonique qui module en premier ressort les variations de la température, mais plutôt le Soleil ( parce que l'orbite de la Terre varie très légèrement sous l'attraction des planètes géantes ) qui entraîne des variations de température de l'atmosphère et - avec un certain décalage - de l'océan.

Quand ce dernier est réchauffé, il dégaze du CO2 comme une bouteille d'eau pétillante; quand il se refroidit, il dissout une quantité plus importante de gaz carbonique et en appauvrit l'atmosphère.»

A la question posée par l'interviewver : " Vous niez donc le phénomène invoqué de réchauffement causé par le CO2 anthropique ? ", le savant répond :

« Non. Car il n'est pas impossible que ce phénomène nouveau contribue au réchauffement constaté.

J'ai tendance à le considérer comme relativement mineur, même si je peux me tromper.»

Outre ses réticences à donner dans le consensus politiquement correct dans lequel les oiseaux de mauvais augure, si bien relayés par les médias, cherchent à nous entraîner, il est remarquable que le Professeur Courtillot , contrairement aux Hulot, Gore et Arthus-Bertrand qui procèdent par affirmations péremptoires, multiplie les précautions et l'expression du doute : " peut-être, je peux me tromper, on ne peut pas savoir ".

La vraie science s'interroge.

 Le fanatisme idéologique aujourd'hui ( comme le fanatisme religieux jadis ),  affirme.

C'est le procès de Galilée qui recommence, encore et toujours.

(*) Le Nouvel Observateur, 17 au 23 septembre 2009.